Bloodymoon Bloodynight-Présentation et actualités

Bloodymoon Bloodynight-Présentation et actualités
Bienvenue sur mon blog qui a été crée spécialement pour présenter mes romans
Très modestement je m'inspire des romans de S.Meyer "Twilight",L.J Smith "Journal d'un vampire",L.K Hamilton...et de diverses séries,films,musiques fabuleuses et inspiré qui me guide à travers mon moyen d'expression qu'est l'écriture.
Je ne suis peut être pas une grande romancière mais j'y met tout mon coeur. J'attends vos réactions,suggestions...
J'espere que vous passerez un bon moment!


Actualité de mes romans:
-Dès Fevrier, si tout va bien, vous pourrez suivre les aventures de Yuna entre vos mains...Je pense pouvoir publier mon livre d'ici là et le mettre en vente sur amazon par exemple
-Sur le blog, vous pourrez aussi suivre deux autres de mes romans


J'accepte les critiques mais seulement celles de ceux qui ont le courage de mettre leur nom,laissez des critiques en mode anonyme, ce n'est pas très courageux...aussi je n'accepte désormais que les messages des personnes inscrite sur skyrock

Je repondrai à tout vos commenaires et questions et TRES IMPORTANTje ne lirai que les fictions, romans et autres des personnes qui viennent de temps en temps au minimum sur ce blog

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http://la-fascination-twilight.skyrock.com/
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Unis-contre-le-plagiat



# Posté le dimanche 01 novembre 2009 11:27

Modifié le jeudi 05 novembre 2009 14:46

Mon blog

Mon blog
Voici mon deuxième blog qui s'intitule:

Bloodymoon-mes-passions

et qui donc, parlera uniquement de ce que j'aime et de ce qui m'inspire
En espérant, recevoir votre visite et n'hesitez pas à ponctuer votre passage d'un petit commentaire, il vous sera rendu.

Trois nouveaux articles!

Les nouveautés seront indiqués ici!

Bloodymoon-mes-passions

# Posté le dimanche 01 novembre 2009 14:47

Modifié le jeudi 05 novembre 2009 14:47

Bloodymoon Bloodynight Les précedent chapitres

Bloodymoon Bloodynight  Les précedent chapitres
Toute reproduction même partielle est strictement interdite sous peine de poursuite judiciaire

La nuit, elle vous enveloppe de sa nappe étoilée et vous berce dans son monde de brume, la nuit est le miroir de nos jours. Tout nous semble plus dur la nuit, plus violent...comme si le jour, la lumière nous berçait dans une douce illusion...la nuit tout est véritable, rien n'est faux, on ne peut pas se cacher...
Au dessus du cimetière, une brume se dessinait enveloppant le corps frêle, couché sur le marbre froid. Un chien aboya au loin mais ne perturba pas la quiétude la jeune femme, Sa robe pourpre se répandait sur le sol, sa longue chevelure brune ornée de fleurs se mêlait à l'eau du vase d'albâtre répandu à côté d'elle. Les yeux clos, elle ressemblait à un ange qui se serait perdue sans le ciel et aurait échouée dans un monde torturé...le nôtre. Son visage était doux, presque apaisé...Ses yeux étaient bordés de longs cils, ses lèvres avaient la couleur d'une rose et ses joues d'un doux ton pêche. Une ombre s'approchait à pas lent, la silhouette semblait presque voler au dessus du sol. Le chien aboya, semblant prévenir la jeune femme d'une menace. Celle-ci se réveilla en sursaut, elle regarda autour d'elle se demandant ce qu'elle faisait là. Puis elle se souvint, Yuna se releva lentement replaça une mèche de cheveux humide derrière son oreille, ses boucles d'oreilles en argent tintèrent. Elle remit en place le vase et les fleurs répandues tout en pestant.
Yuna frictionna ses bras nus et embrassa la photo de la femme figée sur le marbre : Ornella Menor, sa mère.-Bonsoir maman. »Murmura t'elle
Yuna s'éloigna à pas lent, traversant l'allée qui menait vers le vieux portail. Un craquement derrière elle la figea, elle s'arrêta tout ses sens en alerte. Elle tourna la tête à demi, elle aperçut une ombre fendre l'air
-Qui êtes vous ?
Elle n'entendit pour réponse que sa propre respiration. Elle continua alors son chemin, arrivée devant le vieux portail, elle tenta de l'ouvrir mais pas de chance le fossoyeur n'avait pas oublié de le fermer ce soir.
Elle prit appui sur une tombe et escalada le muret, arrachant son collant noir en l'enjambant. Elle sauta sur le trottoir et frotta sa robe pour en ôter la poussière
La grille du cimetière s'ouvrit brusquement, Yuna se retourna vivement. Un sourire flotta sur ses lèvres
-Qui êtes vous ?répéta t'elle. Je vous préviens, ça ne m'amuse pas !
La grille se referma alors violemment comme une provocation. Yuna leva les yeux au ciel et traversa, elle n'habitait pas très loin. Sa montre indiquait trois heures du matin, elle avait passé au moins quatre heures à dormir dans ce cimetière, mais après tout ce n'était pas plus mal. Elle avait voulu faire plaisir à sa meilleure amie Lorena en se rendant à cette fête stupide ou comme elle l'avait prévu, elle avait fait tapisserie. Bien qu'amies depuis l'enfance, Yuna et Lorena étaient bien différente. Yuna était aussi brune que Lorena blonde, elle avait les yeux bleus, était petite. Lorena était grande, svelte et avait les yeux verts. Elle avait tout d'un mannequin posant pour « Elite », sa popularité n'était plus à démontrer. Elle était épatante, elle pouvait parler d'un sujet tout à fait insipide avec sa « cour » , du style : « Heidi Klum peut elle encore défiler pour « Victoria's secret » après avoir eu trois enfant ? », ou parler philo avec un professeur de lettres. Ou qu'elle aille, Lorena attire la convoitise. Au-delà des différences qui les opposaient, Lorena était l'une des seules à connaître le secret de Yuna. La seule amie à savoir qui elle était réellement...une sorcière d'autres ne la voyait que comme une simple bibliothécaire
Un cri retentit au loin, brisant le silence nocturne. Yuna se mit à courir, traversa la rue et pénétra dans la petite ruelle qui menait au parc, la voix féminine se fit à nouveau entendre. Yuna courut dans l'herbe et sauta par-dessus le portail. Elle fouilla dans ses poches et en sortit une fiole contenant un liquide presque argenté...
Elle pouvait quasiment entendre le sang couler dans ses veines.Le bruissement des feuilles à sa gauche attira son attention, elle écarta les branches qui obstruait sa vue et aperçut une ombre penchée sur le corps d'une jeune fille, qui semblait avoir à peine quinze ans. Yuna approcha à pas lent, sortit un poignard en argent de son autre poche.
-Je te conseille de ne pas approcher, fillette.
Yuna se figea. la silhouette se retourna prenant l'apparence d'une femme encapuchonnée. Le corps de sa victime serré contre elle, De longs cheveux blond et bouclées descendant en cascade sur sa poitrine qu'elle avait généreuse, elle portait un corset noir et un pantalon de cuir sous sa longue cape
-Crois moi, je ne suis pas une fillette.
La femme rie. Elle lâcha le corps de la malheureuse qui tomba lourdement sur le sol sa tête dodelina et fixa Yuna de ses yeux vide qui semblaient lui dire « Tu m'as abandonnée ».Elle leva son poignard et avança vers l'inconnue qui ôta son capuchon d'un geste vif.
Sa beauté était presque aveuglante : ses yeux étaient d'un bleu profond et ses lèvres rouge sang. Elle tenait quelque chose dans sa main, qu'elle mit dans un sac de velours pourpre
- Ma chère petite, tu ne peux rien contre moi. Je ne crois pas que tu aies réellement conscience
D'être face à un monstre...je suis bien plus puissante que les petits diablotins que tu combats habituellement
]Yuna avança encore :
-Tu ne me fais pas peur...
-Vraiment ?
La créature passa sa langue sur ses canines. Yuna recula, surprise.Elle ne s'attendait pas à rencontrer un vampire. Elle n'en avait d'ailleurs jamais rencontré au Château-du-lac, la ville où elle avait grandit.
-Je pourrais te tuer tout de suite, vois tu ; dit le vampire en haussant les épaules, mais te torturer serait plus drôle !
De larges ailes noires se déployèrent dans son dos, elle lévita à environ un mètre du sol. Yuna reprit ses esprits et lança sa fiole. La créature l'évita sans problème et s'envola. La jeune femme, encore abasourdi courut vers la victime mais elle ne put que constater l'ampleur du drame, il était trop tard...Elle s'agenouilla et caressa le front encore chaud de la malheureuse qui contemplait le ciel pour l'éternité
-Tu ne peux plus rien pour elle, ma princesse
Yuna reconnut cette voix familière, elle se redressa et avança vers la silhouette qu'elle ne connaissait que trop bien.
-Que fais tu ici? demanda Yuna
Et la dernière chose qu'elle vit fut des flammes...Les flammes de l'enfer

."Il existe je le sais, je l'attends...je ne le connaît pas encore mais je l'aime déjà...je saurai le reconnaître"



Yuna jeta son sac sur le bureau, alluma l'ordinateur de la bibliothèque et se hâta d'ouvrir les doubles rideaux couleur ivoire derrière lesquels se cachaient d'immenses fenêtres. Elle balaya rapidement la pièce du regard afin de veiller à ce que tout fût en ordre. Enfin, elle défroissa sa jupe grise d'un geste de la main, vérifia qu'aucune tâche ne gâchait son chemisier blanc et s'assit à son bureau. Il ne fallut pas longtemps avant que les premiers étudiants n'entrent dans la bibliothèque.
Elle sourit en apercevant son amie Lorena entrer
-Alors ? ; demanda celle-ci soupçonneuse. Tu es partie bien tôt de la fête hier soir...
Yuna prit une pile de livres qu'un jeune homme venait de déposer
- La fête ? Euh...ah oui, peut être je ne sais plus...
Lorena secoua ses cheveux d'or
- Pourtant, tu rentrais chez toi lorsque Timothée me ramenait chez moi...il était, quoi : Deux heures du mat' passé
Yuna feint de prendre une attitude outrée :
-Je rêve ! Tu me surveilles ?
-Mais non, tout de suite ! Si tu as un mec, tu peux me le dire !
-Très drôle, railla t'elle. Ou cas où tu ne l'aurais pas remarqué, les mecs ne sont pas très attirés par moi
Lorena suivit Yuna dans le rayon « Histoire ». Elle marchait comme si elle défilait sur un podium.
-Que tu crois !
-Et quand bien même, je ne connais pas beaucoup de garçons qui soient... ; Yuna baissa d'un ton, attiré par les sorcières...
Lorena soupira :
-C'est pas marqué sur ton front !
-Ah oui ? Tu as raison, si jamais je vais au cinéma avec un garçon et que...tiens,au hasard un zombie nous attaque...et bien je lui dirais quoi ? Que c'est mon cousin François qui a attrapé la lèpre ?
-Ma vie n'est pas plus facile, crois moi
Lorena prit un air terriblement apitoyé. Elle s'appuya contre une étagère de chêne.
Yuna redevint sérieuse, et serra l'épaule de son amie :
-Ce matin, j'ai voulu mettre du vernis .J'ai oublié de le faire sécher et j'ai caressé mon chat. Résultat : j'avais les ongles couvert de poil.Je ressemblais à un chat-garou
Elle donna un coup de griffe dans l'air, Yuna se tourna vers cette proie imaginaire puis grimpa à l'échelle pour remettre un ouvrage à sa place
-Oh la la ! Ma pauvre, à côté de ça. Qu'est donc la faim dans le monde ? Plaisanta t'elle
Un jeune homme traversa l'allée, un ouvrage à la main. Il leva la tête et sourit en apercevant Yuna.
-Salut Yuna !
Celle-ci redescendit et lui sourit en retour pour le saluer
-Je suis venue euh...te rendre, tu sais...
-Bonjour Allan !dit Lorena, vexée d'être ignorée
Le jeune homme passa sa main dans ses cheveux châtains, gêné.
-Oh Salut Lorena ! Je ne t'avais pas vu !
Celle-ci prit un air consterné et fit mine de chercher un livre
-Tu as aimé le livre, alors ? demanda Yuna
-Oh oui, génial ! Est-ce que tu pourrais m'en proposer un dans le même genre ?
Yuna s'éloigna et attrapa un livre de poche un peu plus loin :
-« Pandora » de Anne Rice, ça devrait vraiment te plaire
-Qu'est ce que tu as lu ? demanda Lorena
Allan répondit sans quitter Yuna des yeux :
-« Vittorio » de Anne Rice
Elle haussa les épaules :
-Tu devrais lire « La reine des damnées» si c'est les buveurs de sang qui te branche
-Euh oui, c'est euh...une bonne idée Lorena, merci
-Il n'y à pas de quoi...Yuna, je vais me mettre à une table
Yuna sourit à son amie, lorsque cette dernière se fut éloignée. Allan se frotta le bras, nerveux :
-Dis...je voudrais savoir si tu voudrais m'accompagner à la fête de Constantine
Constantine était fêté chaque année à Château-du-lac, c'était une jeune fille pieuse qui vivait dans le grand château qui surplombait la ville avec sa mère une riche comtesse. Lorsque sa mère fut accusé de comploter contre le roi et menacé d'être exécuté, Constantine l'aida à s'enfuir. Mais elle resta au château pour attendre son bien-aimé auquel elle était promise, un noble : Charles qui était parti au combat.
La nuit, son bien aimé vint la rejoindre. Mais ils ne purent s'échapper car le château fut bientôt encerclés par les soldats du roi qui voulait capturer Constantine pour sa traîtrise.Le château fut brûlé et on retrouva la dépouille de Charles calciné alors que la belle Constantine était intacte, elle était une véritable sainte qui recueillait de jeunes enfants dans le besoin et des orphelins à qui elle apportait amour et bienveillance. Elle leur enseignait aussi les arts et la lecture.
Ainsi, chaque année des festivités étaient organisées. L'harmonie municipale donnait un grand concert puis les enfants des écoles préparaient un spectacle. Cette année, ils avaient organisé une pièce de théâtre
-Ce serait un plaisir Allan mais...en fait, tu sais je chante pour l'harmonie alors...
-Oh oui... mais pour le théâtre ?
Yuna se pinça les lèvres, hésitante :
-D'accord, s'entendit elle dire. De toute façon, Lorena joue le rôle de Constantine avec Timothée son copain alors je devais y aller
Allan sourit :
-Constantine était brune et Lorena est blonde, Charles était blond et Timothée est brun...Euh, en fait c'est nous qui aurions du jouer le rôle de ses amoureux transis !
Yuna rougit, Allan l'embrassa sur la joue :
-A...A demain, bégaya t'il en s'éloignant
Lorena courut et poussa un cri de triomphe, les étudiants qui étaient entrain de travailler lui lancèrent un regard assassin
-Ca y est, cria t'elle
-Quoi ? demanda Yuna en s'échappant de l'étreinte de son amie
-Enfin de l'amour dans ta vie...
-Tu délires, je ne suis pas attirée par Allan .Il est sympa, c'est vrai...mais c'est tout. Je n'ai pas envie de...d'avoir une relation, pas maintenant
Lorena soupira :
-La vérité c'est que tu n'as eu personne depuis deux ans, personne depuis Thomas
Yuna reçut comme un coup au c½ur, non pas que mentionner Thomas lui faisait du mal, c'était la surprise qui la fit sursauter
-Quoi ? S'étrangla t'elle
-Oui, je sais ma princesse, je sais tout...Toi et mon frère, quand j'y pense...
Yuna ne pus s'empêcher de s'empourprer, elle ne pouvait imaginer que Lorena ait découvert, et qu'elle sache qu'elle lui avait dissimulé tout cela. Thomas avait désormais vingt sept ans et il était officier de police. Yuna avait beau le connaître depuis qu'elle avait cinq ans, elle n'avait pas pu s'empêcher de tomber amoureuse au fil des ans. Thomas était le seul jeune homme qu'elle avait côtoyé réellement, elle était déjà à seize ans totalement envoûtée par sa voix, son parfum boisé, ses magnifiques cheveux bruns, ses grands yeux verts bordés de longs cils. Lui, qu'elle considérait comme son grand frère, s'éveillèrent alors des sentiments troublants.
Le jour de ses vingt ans, Lorena eut un grave accident de voiture. C'était il y a deux ans, en sortant de l'hôpital inquiet et désemparé ils avaient échangés leur premier baiser sous une pluie battante. Leur relation n'avait duré que quelques mois dans le plus grand secret...mais elle avait bouleversé leur vie à tout jamais.
Si Yuna n'avait pas retrouvé l'amour, Thomas s'était lui, installé avec Marie. Une jeune femme qui était maman d'une petite fille de quatre ans, Cécile
-Comment tu as...
-Laisse tomber, l'interrompit Lorena. J'aurais pas du aborder le sujet.
Elle jeta un coup d'½il à sa montre :
-Je te laisse, je dois aller travailler et puis ensuite, je répète la pièce et avec les costumes cette fois !!!
Lorena pressa l'épaule de son amie gentiment et s'éloigna en courant



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Katia colla son front contre la vitre de sa chambre d'hôpital, ils l'avaient tous abandonnés...même ses parents ne venaient presque plus la voir, aucune de ses amies n'étaient venus lui rendre visite depuis qu'elle était enfermés ici...
Pour les autres, elle était « folle », mais c'était faux et au contraire, elle ne s'était jamais sentie aussi lucide
Elle se souvenait de tout, elle avait vu des choses, d'horribles choses qu'elle n'aurait jamais cru possible et maintenant elle était accusée de meurtre.Personne ne la croyait...
Elizabeth Fontaine, sa meilleure amie a été enlevée par un de ses monstres, une autre de ses amies est morte. Quand à Chloé...Chloé l'avait trahit, elle avait préféré la faire passer pour une meurtrière, une folle plutôt que de la soutenir et jamais, elle ne vint s'excuser.
De la buée se forma sur la vitre, elle écrivit « Sauvez moi » du bout des doigts


Yuna soupira en se massant la nuque. Les derniers étudiants quittaient la bibliothèque, il était près de dix huit heures, une petite fille s'avança vers le bureau avec une B.D, Yuna prit la fiche et lorsqu'elle fut partie. Elle ferma la porte à clé et ôta ses escarpins puis sa jupe et son chemisier de working girl dans lesquels elle se sentait déguisé, elle saisit sa besace pour y récupérer son jean noir, un petit top en dentelle et des bottines en daim. Elle s'habilla et se laissa tomber dans l'un des fauteuils en similicuir marron mit à disposition pour les lecteurs. Pendant quelques instants, elle n'écouta que les battements de son c½ur, le bruit du sang qui filait dans ses veines à toute vitesse, le bruit régulier de sa respiration. L'horloge de la mairie qui se trouvait deux rues plus loin sonnèrent dix huit heures. Un peu de calme lui faisait du bien, lorsqu'elle rouvrit les yeux, la bibliothèque lui parut différente...les couleurs lui paraissaient plus vive, la pièce plus grande.
Elle fit appel à tout ses sens et tout ses pouvoirs pour fermer les doubles rideaux par la simple force de son esprit. Sa mère était une sorcière, tout comme sa grand-mère et Yuna apprit l'art de la magie dès le berceau,Ornella sa mère;lui apprit très tôt à se servir de toutes ses facultés, ainsi elle avait maîtrisé très tôt la télékinésie. Les rideaux se fermèrent l'un après l'autre, satisfaite elle se leva pour attraper son perfecto accroché au porte manteau, un bruit sourd derrière elle l'arrêta.
Elle se retourna et ne voyant rien dans l'obscurité, elle puisa dans ses pouvoirs pour détecter toute présence pouvant se révéler hostile mais ne ressentant aucun sentiment négatif, elle appuya sur l'interrupteur. Un chat noir se mit à miauler au milieu de l'allée

-Salut, toi ! Dit Yuna en se baissant pour le prendre dans ses bras. Comment es tu rentré, dis moi ?
Yuna ramassa le livre que le chat avait fait tombé, celui-ci s'échappa de son étreinte « Légendes de sorcières »
-On peut dire que tu as du flair !dit elle en riant,elle voulut caresser le chat
Lorsqu'elle se retourna il avait disparu

« Cher journal,

Tu ne peux pas savoir comme je me sens seules ces jours ci...même si la solitude fait partie de moi depuis toujours, je dois dire qu'en ce moment, elle est bien plus pesante.
Le paradoxe est que j'aime me recueillir, pour fondre mes pensées dans l'espace, comment te dire...je m'assois seule dans l'obscurité et le silence total et je pense...à toutes ces choses qui font de moi ce que je suis aujourd'hui : les pouvoirs, les démons, ma famille qui a presque disparu, mes amis, mon travail...je sépare ces choses une à une et je réfléchis. Lorena dit que c'est ma « remise à jour des logiciels », sacré Lorena !Je ne sais pas ce que je ferais sans elle
Je fais beaucoup de cauchemars ces derniers jours pourtant je n'arrive pas à les décrire clairement, je sais lorsque je me réveille que j'ai cauchemardé, j'en éprouve la sensation oppressante, l'anxiété...Je devrais peut être me fabriquer une potion pour m'aider à retrouver la mémoire !
Allan m'a demandé de sortir avec lui et je dois avouer que je n'en ai aucune envie...m'amuser me ferait sans doute du bien cependant...je crains qu'Allan ne se fasse des idées même si c'est un gentil garçon je n'ai pas envie que nous partagions plus qu'une limonade à cette fête.Je suis une romantique qui rêve du prince charmant...pathétique, moi ?!Non, je ne pense pas car si penser au grand amour est pathétique, où va le monde ? ;-)
Je rêve d'un garçon romantique et sensible qui m'emmènera marcher au bord de l'eau, qui se promènera dans la forêt avec moi et à qui j'apprendrais à reconnaître les plantes, juste un petit ami avec qui je lirais Baudelaire allongé dans l'herbe, avec qui je ferai des batailles de polochon et avec qui je discuterais de la faim dans le monde...Quelqu'un de normal mais qui sorte de l'ordinaire...euh, je sais que je suis difficile à suivre.Il existe je le sais, je l'attends...je ne le connaît pas encore mais je l'aime déjà...je saurai le reconnaître
Je devrais peut être demander à Clarisse ce qu'elle en pense.D'ailleurs ou est mon cher ange gardien en ce moment ?
Clarisse, j'aurais bien besoin de toi !
Quelque chose me dit qu'une menace approche, je peux presque la palper...je n'ai pas eu de vision pas encore mais je sais reconnaître le danger

Sois bénis,
Yuna "

« L'horreur pure est venue faucher une vie, ce n'est pas un hasard.Quelque chose de grave va se produire... »


Lorsque Yuna poussa la porte de sa demeure, il était près de dix neuf heures, elle vivait dans la maison de sa grand-mère, une grande demeure en pierre constamment en rénovation. Elle avait seize ans lorsqu'elle vint habiter la maison de son aïeul.
Le lierre couvrait pratiquement tout les murs excepté celui de la façade ou était privilégié les rosiers rouges, de larges fenêtres lui permettait d'avoir une vue sur le paysage qui s'offrait à elle : des collines à perte de vue parfois par beau temps on pouvait même apercevoir le lac de la terrasse. Sur la porte de chêne à l'entrée on pouvait distinguer des sculptures dans le bois : un ange, une licorne et enfin, le dieu cornu de la wicca qui sous forme d'arbre surveillait la maison.
La première pièce de la maison était le salon, plutôt chaleureux.Les murs étaient tapissés de beige, le gros canapé vieux rose faisait face à une télé vision écran plat et une énorme armoire vitré remplit de DVD et CD à côté de laquelle se trouvait un rocking chair, la cheminée au dessus de laquelle s'imposait un grand miroir était parsemé de bibelots représentant des anges, des fées et autres créatures fantastiques, la pièce était orné de divers meubles anciens et en bois et un large tapis ivoire couvrait le sol.Sur l'extrême gauche de la pièce, un immense escalier en marbre menait directement à un large couloir qui menait vers deux chambres et les sanitaires. L'une des deux chambres était bien sur, occupée par Yuna et la deuxième servait surtout à entreposer tout son matériel magique et ses armes.
Au rez de chaussée se trouvait aussi une grande salle à manger où trônait une longue table en chêne et un buffet très ancien, Yuna craignait qu'il se transforme en poussière si d'aventures il lui prenait l'idée de le déplacer, la décoration de cette pièce lumineuse était dominé par la couleur jaune et de nombreux bouquets de fleurs séchés, enfin la cuisine s'étendait, séparé de la véranda par une baie vitré. Elle n'était pas très spacieuse mais coquette, la véranda était remplis de fleurs et plante en tout genre.
Elle jeta son sac sur le canapé et suspendit sa veste au porte manteau mural en soupirant, d'un geste de la main elle ferma les doubles rideaux en velours rouge sang, elle alla jusqu'à la cuisine et but un grand verre d'eau, sortit du congélateur un plat de lasagne et le mit dans le micro onde. Elle alluma la télé pour avoir un fond sonore, une sensation d'une présence rassurante et monta se doucher.Elle enfila un short en coton gris et un T-shirt sans manche blanc et redescendit :
« ....le terrible drame ébranle tout la ville sous le choc.L'officier de police, Thomas Roz a répondu à nos questions :
-Je n'ai jamais vu un meurtre d'une telle sauvagerie... »
Yuna sauta sur le canapé pour attraper sa télécommande et augmenta le son, éberluée.Elle reconnut le parc de la commune
-« ...cachés dans les buissons, pour l'instant les enquêteurs cherchent le maximum d'indice permettant de remonter jusqu'au meurtrier...
-A quand remonte la mort selon vous ? demanda la journaliste
-Et bien, selon le légiste elle remonte à plus de quinze heures, le corps a été déplacé...ce long laps de temps à sérieusement compromis certains indices
- Quel arme a été employée, selon vous ?
-Nous avons retrouvé une arme mais pour l'instant nous ignorons si elle a servi à tuer la jeune Chloé...c'est assez peu probable
- Quel sorte d'arme est ce ?
-Un poignard en argent avec une rose gravé sur la lame...
Yuna se figea...
-Un couteau rituel ? Insista la journaliste
-Je...je ne peux rien dire de plus pour le moment.
Thomas s'éloigna
La journaliste recommença son discours.Yuna ne l'entendit pas, elle déglutit puis se leva et monta à l'étage, dans la pièce ou elle rangeait ses armes et son matériel magique, elle ouvra un coffre en chêne et en sortit une belle sacoche en cuir.Il ne lui reste qu'un poignard, pas deux...un seul poignard avec une rose gravé sur la lame surmontée des initiales O .M pour Ornella Menor, sa mère.Comment était ce possible ? Elle ne se souvenait pas s'être servi de son poignard, elle prit celui restant et redescendit, le posa sur la table basse, elle fouilla la veste qu'elle avait portée la veille lors de la fête, elle qui ne sortait jamais sans armes. Elle avait forcément emmené son poignard mais cela n'expliquait en rien qu'il se trouve désormais entre les mains de la police.Elle s'arrêta et passa sa main dans ses cheveux désormais trempés de sueur, la télévision diffusait maintenant des publicités.
-Clarisse ! Cria Yuna
Que faire sinon apeller à l'aide son ange gardien.
-«Ecoute ton instinct »murmura la voix de Clarisse dans son esprit
-Quoi ?!C'est tout ? Tu ne peux pas venir ? Clarisse !!!
Elle eu soudain une idée, comme ayant reçu une intervention divine ce qu'elle savait peu probable. Attrapa le poignard et se rendit calmement dans la cuisine, elle fouilla dans un tiroir et enfila une paire de gant en latex et sortit un sac de congélation d'un autre tiroir, elle prit une bouteille de javel sous l'évier et entreprit de nettoyer soigneusement l'arme qu'elle essuya avec application avant de le mettre dans un sachet
Ensuite, elle monta enfila un jean puis sa veste et sortit de chez elle sans rien éteindre derrière elle, le couteau dissimulé avec précaution sous son vêtement

Yuna avança dans la nuit qui doucement recouvrait à nouveau château du lac d'un halo brumeux, elle traversa la rue principale et longea le cimetière avant d'emprunter le raccourcit habituel qu'elle utilisait souvent : une ruelle entouré de deux vieilles bâtisses en pierre, l'une d'entre elle était la boulangerie et l'autre l'office de tourisme, cette dernière arborait fièrement une affiche annonçant les festivités à venir, tout cela semblait bien irréel désormais...en sortant de la ruelle, elle aperçut les gyrophares des voitures de police éblouir les alentours, les habitants se pressaient aux alentours.
La jeune femme s'arrêta, son c½ur se mit à cogner violemment, elle ferma les yeux et vit la scène :
Elle-même, entrain de traverser ; en courant la petite ruelle qu'elle venait d'emprunter une fiole à la main...
Elle rouvrit les yeux et les cligna plusieurs fois, pour revenir lentement à la réalité. Elle avait ce genre de vision depuis son enfance, parfois elle les avait sous forme de rêve, parfois sous forme de vision précédée d'un violent mal de tête...
« Déjà vu » pensa t'elle, cette scène s'était passé la veille, elle en était sûre...même si la vision était somme toute assez floue, elle en avait la conviction cependant, elle n'en avait aucun souvenir
Elle prit son courage à deux mains et approcha lentement, se frayant un chemin vers les barrières de sécurité, elle aperçut Thomas au loin de dos entrain de parler à un autre policier, qui tenait un berger allemand en laisse
-Thomas ! Cria Yuna en vain
Elle hésita puis se baissa pour passer sous la barrière, une policière approcha, furieuse :
-Mademoiselle, il est interdit...
-Je sais, coupa t'elle. Mais je dois parler de toute urgence au lieutenant Roz...
-Ce n'est pas possible, nous sommes très occupés...
-Cela concerne sa s½ur, c'est extrêmement urgent...
Son ton insinuait qu'il n'y avait pas à discuter, la policière soupira et s'éloigna.Thomas fit signe à la jeune sorcière de le rejoindre, il la saisit par le bras et s'éloigna vers un endroit tranquille
-Que se passe t'il ?
Son regard était emplit de crainte, Yuna s'en voulut.Depuis le terrible accident dans lequel Lorena avait faillit perdre la vie, il était très sensible au sujet de sa jeune s½ur
-Elle va bien, je viens pour...
Yuna montra du doigt le corps recouvert d'un drap blanc
-Oh, Yuna...soupira t'il. Tu m'as fait peur
-Désolée
-Je ne peux rien te dire, tu le sais...
-Vous avez bien retrouvé un poignard ?
Elle sortit de sa cachette le sac transparent contenant l'arme identique
-Un poignard comme celui là ?
-Mais...c'est à toi ?
Elle acquiesça gravement :
-Je n'ai aucune idée...comment...
-Tu es venue ici récemment ?
Des larmes s'échappa des yeux rougis de Yuna qui les essuya avec la manche de son blouson, Thomas serra son épaule
-Je sais pas...je ne me rappelle de rien, ça ne m'était jamais arrivée auparavant...
-Ca veut dire qu'il y a tes empreintes sur...mon dieu, Yuna !
-Je n'ai rien fait, Thomas ! Je te le jure !

-Evidemment, je te crois...
La collègue de Thomas les observa, intriguée
-J'ai apporté l'autre poignard parce qu'il n'y à pas mes empreintes dessus...
Thomas comprit, il leva la main pour l'arrêter :
-Je ne peux pas faire ça...
Dans la nuit tombante avec pour seul éclairage les gyrophares qui avaient élus domicile dans le parc, ses yeux parurent presque translucides
-Je sais que je n'ai pas le droit de te demander ça mais, Thomas : je ne veux pas finir en prison pour un crime que je n'ai pas commit ! Pas comme...
Elle s'arrêta, la douleur la rendait muette
Il se mordit le poing, un geste caractéristique de son angoisse
-Je risque ma place...échanger des preuves, je...
-Je sais mais fais le pour moi...je t'en prie !
Il l'incita à s'éloigner loin du regard inquisiteur de sa collègue puis après avoir échangé avec son amie un long regard, il lui arracha des mains pressement le sac contenant l'arme et s'éloigna rapidement mais discrètement afin de ne pas attiré le regard de ses collègues suffisamment soupçonneux de voir une étrangère dans une zone strictement interdite au public, il revint une poignée de seconde plus tard qui parut avoir durée des heures. A peine soulagé...
Il serra Yuna dans ses bras pour glisser délicatement le sac dans sa poche
-Comment va Lorena ?
Yuna faillit pousser un hurlement de frayeur, la policière blonde les regarda tour à tour, elle s'était approchée à pas de loup
-Pas très bien...murmura Yuna d'une voix étranglée
Thomas fronça les sourcils :
-Oui, elle...euh...
-A des problèmes de c½ur, acheva Yuna. Son copain l'a quittée...
-Elle est vraiment bouleversée...renchérit Thomas
Elle ne parut pas en croire un mot :
-Souhaite lui bon courage de ma part...
-Pas de problème.
Après les avoir observés en silence, elle s'éloigna
-Thomas...Qui est la victime ?
- Yuna...c'est Chloé...
-Chloé ? ...je suis censé la connaître ?
-Chloé Fontaine
Le c½ur de Yuna eu un raté, elle se serrait effondré si Thomas ne l'avait serré contre lui. Elle posa sa tête sur le torse de son ami et respira lentement
Chloé, pauvre Chloé...la petite s½ur d'Elizabeth : l'amie d'enfance de Lorena et elle.Lorsque Beth avait disparu, ça avait été un choc terrible. Elles avaient seize ans à l'époque et Beth n'avait jamais été retrouvé...
-Ses parents...mon dieu mais comment...
Elle ne trouvait plus ses mots :
-On lui a...bon sang, comment te dire ça...
Les yeux de Thomas se perdirent dans le ciel totalement obscur désormais. Un hurlement déchirant retentit, la mère de Chloé s'écroula à terre, retenue par sa mari qui lui, sanglotait en silence
-Ses parents pensaient qu'elle avait passé la nuit chez son petit ami, mais en fin d'après midi.Il a appelle chez elle...il a dit à ses parents qu'ils s'étaient retrouvé ici cette nuit pour être tranquille mais ils se sont disputés et il l'a planté ici...
Yuna versa des larmes silencieuses, elle ne pouvait pas quitter ce triste spectacle des yeux
-Comment Thomas...Est ce arrivé ?
-On...lui a volé ses organes, lâcha t'il finalement
Yuna accusa le coup
-Pardon ?
-C½ur, foie, cornée...un vrai travail de pro et aucune trace de sang, pourtant c'est impensable, impossible.Je ne comprends pas...
-Le meurtre a eu lieu ici ?
-Oui, nous sommes formels, le corps a été déplacé pour être caché dans les buissons mais elle a été tuée ici...
Yuna murmura d'une voix à peine audible :
-Ce n'est pas un humain qui a pu faire ça...
-Quoi ?demanda Thomas
Yuna leva la tête pour regarder son ami droit dans les yeux :
-C'est forcément un démon...
Thomas tourna autour de Yuna puis s'adossa finalement à un fourgon :
-Je l'espère et en même temps...
Il soupira, cligna des yeux puis reprit :
-Yuna, bon sang.J'espère pas que le monstre qui ait fait ça soit humain, parce que je ne pense pas...je n'espère pas que quelqu'un puisse commettre un acte aussi horrible, l'être humain ne peut pas être aussi mauvais ce n'est pas possible...en même temps, j'aimerais que ce soit un humain pour m'en occuper personnellement de cet ordure !
Il ferma les yeux, Yuna se tourna à nouveau vers la mère de Chloé, la pauvre femme pleurait sur le corps recouvert de sa fille, des policiers l'empêchaient de soulever le drap qui la recouvrait :
-Il ne faut pas que vous la voyiez comme ça, madame ! Lui intima un policier
Le père de la défunte souleva son épouse par le bras :
-Chérie, je t'en prie !
Yuna ferma les yeux et se prépara à faire quelque chose qu'elle ne faisait quasiment jamais, c'était incroyablement éprouvant, elle se concentra pour pénétrer l'esprit de Madame Fontaine, c'était difficile et elle n'était pas certaine d'y arriver, en revanche elle pouvait s'écrouler de fatigue après quelques secondes. Elle sentit son c½ur battre au même rythme qu'elle, elle ressentit bientôt les sentiments que ressentait la pauvre endeuillée, une douleur déchirante traversa sa poitrine, son c½ur se mit à battre si vite qu'elle crut qu'il allait lâcher
-Ne faites pas cela Madame Fontaine, ne regardez pas votre fille dans cet état...vous n'arriverez pas à vous en remettre...
Yuna sentit la femme lutter contre ses conseils, la jeune sorcière sentait qu'elle ne pourrait plus tenir longtemps. Loin, très loin elle sentit quelqu'un lui serrer le bras puis caresser son visage en l'appellant « Yuna »...Est ce que c'était son prénom ? Elle ne savait plus très bien...
-Madame, suivez le conseil de votre mari...Chloé n'aurait pas voulu cela...
La jeune femme sentit peu à peu l'esprit qu'elle contrôlait se détendre et fléchir mais au loin, la voix qui l'apellait l'empêché de se concentrer
-Et elle n'aurait pas voulu cela non plus, non Beth n'aurait pas voulu cela ! Partez...maintenant !!!
Yuna revint à elle subitement :
-Non, hurla t'elle
-Non, hurla la mère de Chloé au même moment tout en laissant son mari l'éloigner quelques mètres plus loin
Yuna ouvrit les yeux et vit le visage de Thomas penché au dessus d'elle
-Ca va ?

-Très bien, marmonna la sorcière en s'asseyant tout doucement. J'ai contrôlé son esprit pour l'aider...
Thomas l'aida à se remettre debout lentement, il observa la mère de la victime
-Tu es sérieuse ?
Yuna acquiesça silencieusement en se frottant les tempes
-Ne me refais plus jamais ça !
Il était furieux mais soulagé
-Tu m'as fait peur, reprit il adoucit
- Désolée...je vais y aller maintenant...
Thomas s'approcha d'elle et il écarta les mèches qui étaient tombés autour de son visage, il les replaça derrière ses oreilles en souriant, un sourire des plus affectueux. Yuna se sentit réchauffée et apaisée, il dessina du bout des doigts des cercles sur ses pommettes puis embrassa sa joue avant de la serrer contre lui à nouveau, il lui frotta le dos tendrement. La jeune femme se sentit étrange, elle ne savait pas exactement pourquoi...
Etait ce parce que Thomas était son ex petit ami ?
Parce que son comportement d' « ami » à cet instant semblait parfaitement insolite ?
Elle sentit ses jambes trembler, elle détestait cela. Elle se dégagea lentement mais fermement
-A plus...tu me tiens au courant ?demanda t'elle tout en reculant
Il tendit la main pour la frôler
-Yuna...soit prudente
Elle s'éloigna brusquement, elle n'aimait pas du tout ce qui était entrain de se produire, les sentiments qui l'éclaboussait. Son don d'empathie avait fonctionné pour une fois...et pas au meilleur moment ! Elle avait ressentit l'amour que Thomas éprouvait à son égard, pas le genre d'amour que l'on éprouve entre amis, quelque chose de bien plus fort dont elle pensait qu'il avait tiré un trait dessus depuis longtemps
Un désir fou de l'embrasser, de toucher sa peau, de l'aimer...voilà ce qu'il avait éprouvé...Le pire, c'est que Yuna l'avait aussi ressentit.Elle continua quelques mètres avant de s'affaler contre un gros chêne, loin des regards, elle reprit son souffle en posant sa tête contre le tronc...
Soudain, elle fut envahit par des sanglots hystériques qu'elle ne pouvait pas arrêter, toutes les émotions qu'elle avait ressentit durant l'envoûtement la frappaient de plein fouet, elle pouvait sentir l'immense peine de la mère de Chloé : un trou béant dans sa poitrine, une douleur sans nom, une sensation de vide immense...Yuna se leva et se mit à courir pour se débarrasser de ce trop plein d'émotions terrible, elle traversa la petite ruelle sombre et continua, arriva au chemin de terre qui menaient vers les champs dans la direction de sa maison, là dans le noir, seule elle hurla pendant quelques secondes
Puis elle respira normalement, lentement...elle reprit enfin la maîtrise d'elle-même cependant, d'autres sentiments la tourmentaient...Beaucoup d'autres choses :
Le comportement étrange de Thomas, le meurtre de la pauvre Chloé, le souvenir de Beth et un être suprêmement dangereux qui errait à château-du-Lac

« Cher journal,

Aujourd'hui a été une journée horrible, horrible dans son sens le plus sombre...Lorsque les filles de mon âge disent qu'elles ont passés une journée « horrible » c'est parce qu'elles ont raté leurs bus, oublié leur portable, tâché leur chemisier en soie...moi c'est juste parce qu'aujourd'hui j'ai côtoyé l'horreur, la vraie...
Je ne me plains pas, j'aime être une sorcière, aider les autres...oui, tout cela est ma raison de vivre pourtant je voudrais parfois être simplement comme tout le monde.Pouvoir une journée seulement faire la grasse matinée et flâner tout le dimanche après midi en pyjama...il faut être lucide, ce genre de choses n'existera plus...
La gamine que j'étais est morte avec ma mère, l'adulte a du être confrontée au monde réel...Oui, maman tu m'as laissé un fardeau très lourd à porter !
Tu étais si puissante, si intelligente...je ne suis rien sans toi !
Si seulement, j'avais un papa ou une s½ur qui pourrait m'attendre à la maison ou même juste un chat...C'est inutile, je n'ai pas de vie en dehors de mes responsabilités.
Tout cela m'a été renvoyé en pleine figure aujourd'hui...avec tout ce qui s'est passé, j'ai pensé à plein de choses...
Mais mon dieu, je sais je devrais avoir honte car je ne suis pas à plaindre.La petite Chloé est morte, plus jamais ses parents ne pourront l'engeuler, la voir sourire, la voir pleurer...Les Fontaine ont perdu leurs filles, leur propre chair et il n'y à pas de mots pour décrire leur peine et je suis bien placé pour en parler, puisque je l'ai ressentit
Je vais chercher, traquer celui ou celle qui a fait ça ! Et venger Chloé, je le jure !
J'attends que Thomas puisse me donner d'autres indices potentiels, la liste des démons ayant pu participer à ce massacre est certes vaste, en revanche le mobile ? Juste tuer pour tuer, ça me semble maigre, ils auraient pu éviter tout ce cinéma...
Non...Aujourd'hui, l'horreur pure est venue faucher une vie, ce n'est pas un hasard.Quelque chose de grave va se produire...même si la situation est déjà préoccupante, le pire : la mort s'est déjà produite !
Je suis enragée ce soir, pas seulement à propos de Chloé mais aussi envers moi et Thomas
Je ne suis plus amoureuse de Thomas, je l'ai été pourtant...un premier amour troublant et dérangeant qui est derrière moi, je ne veux pas replonger...je ne veux pas et je ne peux pas
Me suis-je fait un film ? Oh ma chère déesse, comme je le souhaite !!!
Malheureusement, le désir de Thomas n'était pas une illusion et ce n'est pas bien, il est heureux avec Marie...n'est ce pas ? Pourquoi se remettre dans la galère avec quelqu'un comme moi ???
Je ne peux pas en parler à Lorena...
Clarisse fait la sourde oreille...
Et je ne peux pas faire revenir maman pour ça, les anges ne le permettront pas...
Alors, je reste seule avec ma peine et mille questions...
Demain est un autre jour !
Sois Bénis,
Yuna »
Lorsque Yuna entra chez elle, elle frissonnait encore. Elle n'était pas d'une nature peureuse car dès son enfance, elle avait été contrainte d'affronter les plus grand dangers et pourtant elle était terrifiée par ce qui errait quelque part en ville. Elle referma la porte de sa maison et éteignit la télé, restée allumée après son départ.Elle jeta sa veste sur le canapé et observa un moment le sac scellé qui contenait son poignard, ses mains se mirent à trembler et laissa le sac glisser de ses mains, elle se traîna jusqu'au téléphone, elle avait besoin de parler à quelqu'un, elle consulta sa messagerie, elle appuya sur le bouton « Haut-parleur » et s'assit dans le rocking chair

« Bienvenue sur votre messagerie vocale » annonça la voix pré-énregistrée ; « Vous avez trois nouveaux messages :Aujourd'hui à 20h15
« Salut Yuna, C'est moi ! » Yuna reconnut la voix de Lorena, elle se redressa : « Si tu n'es pas chez toi, tu as sûrement vu les infos...mon dieu, Yuna c'est horrible.Il s'agit de la s½ur de Beth, un tel crime n'a pas pu être commit par un humain, non ?...J'espère que tu n'iras pas le traquer seule ! Je suis inquiète ! Appelle moi ! »]Yuna soupira, son amie semblait aussi inquiète qu'elle
"Aujourd'hui à 20h32" Yuna écouta attentivement le deuxième message:
« Bonjour chérie, c'est Tante Ely ! » La jeune femme ne pus s'empêcher de sourire en entendant la voix d' Eléanor, la s½ur de sa défunte mère :« Je suis heureuse de savoir que tu n'es pas chez toi...parce qu'avec un peu de chance, tu es avec un garçon ! » Yuna soupira, Qu'avaient ils donc tous à vouloir la marier ? : « Je suis rentrée d'Egypte hier, c'était formidable, j'ai ramené de superbes souvenirs, je t'ai trouvée un magnifique encensoir, tu vas l'a-do-rer ! J'espère pouvoir venir te voir bientôt, chérie ! J'espère que ton travail à la bibliothèque se passe bien, et que tu continues à chanter. Bien sur... »
La communication fut occupée, La sorcière sourit amusée, elle ferma les yeux plus détendus :
"Aujourd'hui à 20h 35
« Ma belle, ça a coupé ! Oh bon, j'espère que ton autre « travail » aussi se passe bien » Ely insistait bien sur les guillemets du mot travail « soit prudente mon c½ur, je suis loin de toi mais tu sais que si tu en as besoin, je viendrai t'aider...c'est à dire, j'ai de mauvais pressentiments » Yuna rouvrit les yeux : « Si tu as un petit copain, appelle moi » Elle haussa les épaules, le pressentiment de sa tante était une fausse alerte « Dernière chose, vérifie tes mails ! Je t'em... »
La communication était à nouveau rompue, Yuna raccrocha son téléphone et alluma son ordinateur portable. Pendant ce temps, elle alla à la cuisine faire chauffer de l'eau pour se faire un thé, espérant que cela l'aide à se calmer. Elle était toujours nerveuse et anxieuse. En attendant que la connexion Internet se mette doucement en route, elle ôta son jean et s'installa en tailleur sur le tapis du salon, elle avait en effet un mail :


De : Ashley.Sullivan@sunmail.com
A : Bluemoon@hotmail.fr
Objet : Invitation
« Bonjour Yuna,
Je m'appelle Ashley et je suis une amie de ta tante Eléanor. Je viens juste d'arriver en France, je ne connais pas grand monde et je suis une sorcière, comme toi. Grâce à Internet, j'ai réussi à réunir plusieurs de nos s½urs afin de créer un nouveau coven, j'aimerais que tu nous rejoignes...si tu es d'accord, je te propose de nous retrouver demain à 16h au rocher d'or. Nous procéderons à ton initiation avant la fête d'Ostara. Je crois que vous, les français vous l'appelez « Equinoxe de printemps », plutôt! J'ai hâte de te rencontrer...
Sois bénis,
Ashley »

Yuna se sentit soulagée, enfin pouvoir retrouver d'autres sorcières était inespérés pour elle, elle tripota le pentacle en argent suspendu à la chaîne autour de son cou. Elle répondit à Ashley aussitôt pour confirmer sa présence et son enthousiasme puis envoya derechef un mail à Lorena cette fois pour lui dire qu'elle avait rencontré Thomas (en faisant bien sur l'impasse sur certains passages) et qu'elle attendait d'autres informations avant de se mettre au travail, cela étant elle se sentait terriblement coupable de ne pas être entrain de traquer le meurtrier de Chloé, elle se leva lorsque la bouilloire se mit à siffler , elle alla se chercher une tasse de thé au citron et revint à son ordinateur pour tenter de trouver des actualités sur le drame de ce soir mais elle n'apprit rien qu'elle ne savait déjà, elle éteignit alors son ordinateur et décida de se coucher car finalement, la fatigue avait prit le pas sur son anxiété. Plongée dans l'obscurité, elle s'allongea dans le canapé moelleux du salon, un oreiller serré contre son c½ur. Elle ne tarda pas à tomber dans les bras de Morphée
Yuna rêva qu'elle errait dans un couloir sombre, poussiéreux et humide. Elle entendait des sanglots et reconnut la voix étranglée de Lorena
-Mon dieu, pourquoi ?
Yuna se mit à marcher plus vite et appela son amie :
-Lorena ? Ou es tu ?
Elle s'approcha enfin d'une porte entrouverte, les sanglots de son amie étaient tout proches maintenant
-Lorena ?
Yuna poussa la porte et aperçut son amie debout près de Thomas qui lui, demeurait immobile. C'était une pièce sans fenêtre, il y avait juste une cheminée sans feu et quelques meubles recouverts de draps gris qui autrefois sans doute avaient été blanc
-Que t'arrive t'il ?
-C'est atroce ! Pleura son amie
-Lorena, parle moi ! Que se passe t'il ?
Elle leva la tête :
- Il est mort !
-Mais qui ?
Lorena disparut en courant par la porte entrouverte, le couloir avait disparut et faisait place à un grand et verdoyant jardin. La sorcière se tourna vers Thomas :
-Qui est mort ?
Il demeura impassible
-Thomas ? Essaya encore Yuna d'une petite voix. Tout va bien ?
Elle tendit la main pour effleurer son visage de marbre, il était incroyablement froid
-Mon dieu !
C'était lui, le mort. Yuna recula et heurta quelque chose. Elle se retourna et vit Clarisse. Elle la saisit par les épaules et la secoua fermement
-Ca suffit, réveille toi !

Yuna battit plusieurs fois des paupières, Clarisse était devant elle, souriante. Ses longs cheveux blonds encadrés son visage parfait, ses beaux yeux bruns emplis d'amour semblaient eux aussi lui sourire. Elle portait, comme à l'accoutumer une longue robe blanche ample et presque argentine. Une délicate aura lumineuse d'un éclat de diamant entourait sa silhouette fine et d'apparence fragile
-Je suis infiniment désolée de te réveiller
Yuna marmonna d'une voix pâteuse
-Heure ?
-Pardon ?
-L'heure ? Grogna t'elle
-Sept heures du matin ! Répondit l'ange d'une voix enjouée
La jeune femme se redressa, Clarisse était assise en tailleur sur le tapis à côté du canapé, elle dégagea le front de Yuna de ses mèches emmêlées d'un geste presque maternel
-Je t'avais déjà dit de ne pas entrer dans mes rêves
Clarisse rit :
-Ce n'était pas un rêve mais un cauchemar.
Yuna ne pus s'empêcher de sourire :
-Tu marques un point
Quelques secondes passèrent en silence, Yuna s'étira et bailla puis la triste réalité refit surface. Elle se remémora le meurtre de la veille et sa douloureuse soirée, Toujours en silence. Clarisse se mit debout et enlaça tendrement sa protégée
-Que de dures épreuves, ma pauvre Yuna !
Après un long moment à se laisser aller contre la poitrine de sa gardienne, Yuna se dégagea
-Au fait, depuis des jours tu refuses de répondre à mes appels et aujourd'hui tu viens alors que je ne t'ai même pas apellée !
Clarisse se redressa, un regard un peu triste toujours posé sur Yuna
-Aujourd'hui, il était utile que je sois présente...
-Pour venir me réveiller ? Tu n'aurais pas du te donner cette peine, j'en suis capable par moi-même !
La voix de l'ange s'affirma :
-Par pitié, Yuna Anne Menor ! Peux tu me laisser m'exprimer sans m'interrompre ?
La jeune femme leva les yeux au ciel et traîna jusqu'à la cuisine :
-Ma présence en ce moment même est une entorse au règlement
Yuna appuya sur le bouton de la cafetière
-Depuis quand ?
-Depuis que nous sommes consignés. Nous avons reçu l'ordre de rester au royaume jusqu'à nouvel ordre sauf en cas d'extrême urgence
La sorcière médita sur ces dernières paroles en posant un bol, du pain et de la confiture sur la table. Dehors le soleil faisait son apparition timidement
-Pourquoi ? Et...hier, ce n'était pas un cas d'extrême urgence ?
Clarisse resta stoïque, elle ne clignait jamais des yeux, ne respirait pas. Une véritable statue mais une statue qui parlait et sermonnait. Les mains posées sur son ventre, elle parlait d'une voix claire et semblait lutter contre la colère
-Des événements de grande importance se préparent, Yuna
La sorcière se tartinait déjà du pain de confiture de fraise
-J'ai eu la même impression hier...
-Vraiment ?
-Le meurtre...ce n'est pas un humain ?
Clarisse sembla hésiter à se prononcer
-Non, en effet...cependant, un autre événement s'est produit et je pense que tu l'ignores
-Oui ?
-Katia s'est enfuie...
- De la prison ?
Clarisse s'approcha de Yuna en effleurant le dossier d'une chaise
-Elle a été transféré à l'hôpital avant-hier soir, elle avait une pneumonie...elle est souvent malade...
-Comment s'est elle enfuie ? demanda la jeune femme en mordant dans sa tartine
-Je l'ignore...tu devrais t'adresser à ton ami
-C'est une coïncidence...murmura Yuna en se versant un grand bol de café
-Je ne sais pas, répondit Clarisse. Tout cela me semble bien mystérieux...
-J'ai toujours cru Katia, ce qu'elle a raconté...personne ne l'a cru mais moi, je sais que c'était...Les démons existent mais les policiers qui l'ont arrêté n'était pas en mesure de la croire...
-Certes...
Clarisse tourna autour de la table, son corps flottait plus qu'il ne se déplaçait. Elle reprit :
-Mais elle a ensuite cédé à la folie, cela n'a pas arrangé son cas
Yuna continua de petit-déjeuner en silence, Clarisse dessina des ronds invisibles sur la table de son long doigt fin.
-N'importe qui le serait si il était enfermé pour un acte qu'il n'avait pas commit et qu'en plus on le croyait fou
Yuna se leva avec colère et lança presque son bol dans l'évier, elle savait pertinemment qu'elle déversait injustement sa rage sur sa protectrice cependant, elle trouvait intolérable que personne même les entités magique ne croyait pas, ne prenait même pas en compte un centième de ce qu'avait confié Katia lors de son arrestation, quel malheur que Thomas n'était pas dans la police à l'époque !
Elle monta se doucher puis enfila un T-shirt blanc, un pantalon noir et des baskets de la même couleur, elle se coiffa toujours avec rage en donnant des coups de brosse secs sur sa chevelure et les attacha en queue de cheval haute, elle appliqua un peu de mascara noir sur ses cils et une touche de gloss Fruité sur ses lèvres avant de redescendre.
Clarisse était immobile dans le salon, elle avança avec rapidité vers sa protégée et la saisie avec douceur par les épaules.
-Yuna...je ne sais quand nous nous reverrons et je ne puis me résoudre à te quitter tandis que tu éprouves envers moi toute cette colère
La jeune sorcière rendit les armes, elle regarda le beau visage de Clarisse, ses yeux aimants :
-Ce n'est pas envers toi que j'éprouve de la colère...ce genre de choses ne devrait jamais se produire...
-C'est pour cela que tu te bats chaque jour : faire reculer le mal, éviter ce genre de drame
- Quand ce sera fini ?
Clarisse soupira :
-Même le plus sage d'entre nous n'en connaît la réponse
Elle caressa le visage de Yuna, celle-ci ressentit tout l'amour qui émanait de l'ange et un soupçon d'inquiétude et une grande, une immense culpabilité :
-Au revoir, Bénis sois tu
Avant qu'elle ne disparaisse, Elle enlaça la frêle silhouette de sa gardienne et à nouveau elle s'égara dans la solitude

Katia s'approcha de la haie qui la séparait de sa maison, celle-ci avait l'air déserte. Tant mieux, cela lui faciliterait la tâche. Elle se hissa par-dessus en arrachant un peu plus la combinaison de l'hôpital qu'elle portait et qui ne cachait pas grand-chose, elle était presque nue et elle avait froid. Elle perdit une de ses sandales en sautant dans la pelouse puis elle courra jusqu'à la porte vitrée qui la menait au salon, elle entra chez elle non sans une certaine émotion, cela faisait tant d'années qu'elle n'était pas revenu chez elle...la décoration avait un peu changé mais finalement c'était comme ci elle n'était jamais partie, elle grimpa jusqu'à sa chambre et par miracle, rien n'avait bougé : ses parents l'avait laissé intacte. Elle fouilla dans les placards et soupira de soulagement en découvrant que l'objet le plus important était toujours là et trouva un sac à dos, elle ôta sa combinaison qu'elle jeta dans le sac, enfila un jean et un pull en laine rouge, elle glissa quelques vêtements dans son sac, des baskets, ses vieux romans préférés et son ourson en peluche. Elle regarda sa chambre, ses poupées en porcelaine sur la commode, ses posters des spice girls et autres groupes qu'elle adulait jadis. Pourquoi ses parents n'avaient ils pas transformé sa chambre en bureau ou en salle de sport ? Mystère
Elle descenda au rez de chaussée et trouva quelques friandises dans la cuisine qu'elle ajouta dans son sac ainsi qu'une canette de soda. Ensuite, elle pria silencieusement pour que sa mère cachait toujours de l'argent dans la soupière en faïence de sa grand-mère dans le buffet.
Elle esquissa un sourire de triomphe en trouvant 300 Euros, elle hésita puis n'en prit que 200, cela suffirait à tenir un moment
Elle trouva ensuite sur le porte-manteau une jolie veste en daim qui appartenait probablement à sa mère, elle ne l'avait jamais vue sur elle, Katia l'enfila et s'engouffra dans la rue, essayant de paraître la plus naturelle et discrète possible

Yuna soupira en raccrochant, Thomas n'était pas chez lui, tant pis elle essaierait de passer à son studio avant d'assister à la répétition mais elle se doutait que la fête communale serait sûrement annulé maintenant
Il lui restait un peu de temps, elle aurait ensuite le temps de déjeuner avec Lorena sur le campus avant de rejoindre la bibliothèque en début d'après midi, revenir chez elle le midi serait trop long et manger à proximité de son lieu de travail était bien plus pratique
Yuna se confectionna un sandwich au jambon, fromage et salade, embarqua aussi une pomme et une boite en plastique contenant des carottes râpées
Neuf heures sonnèrent, elle fusilla son carillon du regard et sortit de chez elle, l'air était un peu frais mais le soleil irradiait déjà la ville, timidement certes mais sûrement
Elle espérait que la journée d'aujourd'hui serait meilleure même si elle le savait une vive émotion, une douloureuse émotion s'était sans aucun doute emparée de la ville.
Son souhait le plus cher était d'en savoir plus sur la « chose » qui avait tué Chloé, elle comptait sur l'aide d'Ashley Sullivan et de son coven, quoi de plus puissant et intuitif qu'une dizaine de sorcières ?
Elle alluma son lecteur MP3 et en mettant ses écouteurs, elle se délecta des premières notes d'un album de « Nightwish », elle ferma les yeux et respira l'air frais. Elle se sentait tout de suite plus apaisée
Normalement toutes sorcière qui se respecte devrait pouvoir faire le vide et méditer, Yuna avait du mal avec ça même si elle essayait par exemple dans les moments de calme qu'elle s'octroyait à la bibliothèque mais cela restait compliqué car son esprit fonctionnait sans cesse, ses pensées fusionnant à 100 kilomètre heures
Bizarrement dans ce moment de panique et d'angoisses, elle se sentait plus calme que jamais.
Sa maison était isolé du centre ville, simplement parce que son arrière grand-mère l'avait voulu ainsi, elle estimait que le secret des sorcières ne devait pas être violé, aussi elle avait convenue que ce charmant coin de verdure était idéal pour elle et ses descendances, elle avait raison même si Yuna devait marcher-ce qu'elle adorait d'ailleurs, elle aimait le calme de sa maison et ses alentours au tumulte de la ville
Hormis les colline qui faisaient rempart autour de la ville, le long sentier de caillou qu'empruntait la jeune femme chaque jour passait à la lisière de la forêt permettant à Yuna d'entendre les oiseaux ou d'apercevoir parfois une biche ou un sanglier
Le soleil s'était levé pour du bond cette fois et ses rayons timides réchauffaient le visage de la sorcière.
Yuna percuta soudain un peuplier, elle tomba à la renverse en jurant tout en se félicitant d'être tombé dans un endroit désert, sa maladresse n'était pas une légende et ses proches ne perdaient jamais une occasion pour la taquiner à ce sujet, elle se releva en essuyant son pantalon, quelques traces vertes laissées par des fougères étaient difficiles à éliminer mais elle en vint finalement à bout, elle ramassa son sac puis se figea, quelque chose avait bougés dans les fourrées. La jeune femme ressentit une vive douleur à la tête qui la força à fermer les yeux
Elle eu une vision :
"Elle s'éloignait à pas lent, traversant l'allée qui menait vers le vieux portail du cimetière. Un craquement derrière elle la figea, elle s'arrêta tout ses sens en alerte. Elle tourna la tête à demi, elle aperçut une ombre fendre l'air
-Qui êtes vous ?
Elle n'entendit pour réponse que sa propre respiration. Elle continua alors son chemin »
Lorsqu'elle rouvrit les yeux, une paire de yeux jaune la fixait intensément, le c½ur de Yuna battait la chamade, elle détailla la tâte de l'animal en frissonnant ; sa gueule énorme ressemblait à celle d'un ours mais il était impossible de trouver un ours près d'ici.
C'est en reprenant ses esprits qu'elle comprit
C'était un loup, un très très gros loup...
Et il s'avançait vers elle, gueule grande ouverte. Elle recula prudemment, la bête claqua des mâchoires mais ne quitta pas l'orée de la forêt. Le loup rugit, les poils des bras de la jeune femme se hérissèrent...
Yuna utilisa son pouvoir, main tendue vers le monstre elle le projeta quelques mètres plus loin, elle mesura le temps qu'il lui faudrait pour retourner chez elle afin de trouver son pistolet. Plus de doutes, ce monstre était un
Loup-garou mais elle n'eut pas le temps de réagir, le loup la chargeait à toute vitesse. Environ à deux mètres d'elle, il bondit. Yuna l'esquiva en roulant sur le sol. Son lecteur MP3 tomba avec fracas sur le sol, la jeune sorcière serra contre elle son sac, elle fouilla à l'intérieur pour trouver un poignard en argent. Le loup se jeta sur elle, il la plaqua au sol.
Yuna hurla, la mâchoire du monstre n'était qu'à quelques centimètres de son visage, elle libera sa jambe et donna un grand coup de pied dans le ventre du loup qui recula plus de surprise que de douleur.
Yuna fit une roulade arrière et tâtonna dans son sac et sortit le poignard, sans réfléchir elle le lança vers le loup qui tenta de l'esquiver mais l'arme pénétra sa chair ce qui lui arracha un hurlement de douleur, il piétina le sac de Yuna tombé au sol et s'apprêta à se ruer à nouveau sur elle.
La bête jeta un regard féroce à Yuna et grogna en se tournant vers la forêt, un autre bruit gronda dans la forêt, le loup huma l'air et grogna encore plus férocement, un hurlement lui répondit encore plus menaçant
Yuna avait les yeux grands ouverts d'angoisse, elle s'était déjà battue avec un loup-garou mais avec sa mère, pas seule et si un autre loup était de la partie...elle n'était pas sure de gagner
-Fiche le camp ! Lui cria une voix humaine
Elle se tourna vers la forêt tandis que le loup y entrait à nouveau, très lentement
-Qui est là ? Hésita t'elle
La voix était belle, masculine, grave et rauque. Elle vibra à nouveau
- Sauve toi, cours !
Yuna ramassa son sac et sursauta lorsque le loup-garou sauta dans la forêt, une horde de grognement, feulement et cri de bêtes fusèrent de toutes part

Elle détestait fuir, elle avait honte et se sentait lâche mais elle se mit à courir, la sueur coulait sur son front et dans son cou, ses cheveux étaient collés sur sa peau et sa vue se brouillait.
Ses yeux se remplissaient de larmes, un grondement sourd retentit quelques mètre plus loin, elle tomba sur le sol.
Elle crut d'abord à l'orage, les oiseaux sortaient de la forêt. Yuna savaient qu'ils fuyaient le prédateur...hélas, les loups-garous s'attaquaient à des proies plus grandes qu'eux, bien plus grande
Un dernier hurlement de douleur fendit l'air puis le calme revint.
Elle se releva lentement, et se retourna. Elle pouvait encore apercevoir sa maison et tout était normal. Comme ci tout cela n'avait été qu'un mauvais rêve...
Où était son sauveur ?
Les jambes en coton, elle retourna lentement sur les lieux. Cela lui parut durer des heures, elle sauta dans les bosquets et écarta les branches d'arbres et parcourut quelques mètres avant d'apercevoir le lieu de la bataille : complètement dévastés, des arbres brisés jonchaient le sol de part en part
Yuna souffla en apercevant les dégâts. Cela s'étendait sur plusieurs mètres.
Il y avait du sang, beaucoup de sang mais pas de traces de monstres...ni traces humaines d'ailleurs

Yuna grimpa les marches qui la menaient au deuxième étage de l'immeuble de Thomas, il habitait un petit studio. Très austère qui lui ressemblait assez bien finalement, secret et mystérieux
Elle tapa à la porte en tremblant, la porte s'ouvrit malheureusement, ce n'était pas Thomas qui l'accueillit.
Marie la toisait, ses boucles d'un châtain sombre encadrés son visage parsemait de tâches de rousseur discrète. Ses grands yeux marron n'exprimaient que colère, ses lèvres fines étaient pincés
- Oui ?demanda t'elle poliment mais sans amabilité
-Est-ce que...
Yuna n'eut pas le temps de terminer sa phrase
-Il est partit il y a une heure, il a beaucoup de travail, tu comprends...
-Bien sur, murmura Yuna
Marie qui tenait la porte d'une main, étendit son bras sur le chambranle. Empêchant donc la jeune femme d'entrer. Elle remarqua néanmoins le bandage qui entourait son bras nus
-Tu t'es blessé ?
Marie soupira excédée :
-Petit accident de ménage...
-Oh...
-Tu as fini ?
-Oui, oui je vais chercher Thomas...
Elle soupira et se racla la gorge, elle était à peine moins menaçante que le loup-garou
-Pourrais tu lui transmettre un message ?...Mon portable est HS
Yuna sourit :
-Pas de problème
-Dis lui que je dois partir chez ma mère, je l'appellerai de là-bas
Yuna alla ouvrir la bouche pour répondre mais la porte était déjà refermée elle eu le souffle coupée, pas par la discourtoisie de Marie dont elle avait plus ou moins l'habitude désormais mais par les sentiments que son don avait perçut : de l'hostilité certes, mais aussi une grande terreur.Etrange...
Las, elle redescendit jusqu'au rez de chaussée et jeta un coup d'½il à sa montre. Il lui restait moins d'une demi-heure pour se rendre au commissariat, elle se concentra essayant de provoquer une prémonition pour localiser son ami en vain, mais elle fut persuadée qu'il ne se trouvait pas sur son lieu de travail
Elle sortit dans la rue, happée par la chaleur soudaine et marcha rapidement en prenant la direction du parc, son intuition ne la trompa : elle aperçut la Seat noir de thomas garé devant l'entrée dont des bandes jaunes interdisaient l'accès
Yuna approcha de la barrière et héla son ami. Il était vêtu d'un T-shirt blanc et d'un jean et portait d'immenses lunettes de soleil. La jeune sorcière savait ce que cela signifiait : il n'avait pas beaucoup dormi
-Alors ? demanda t'elle lorsqu'il se fut approché
-Bonjour quand même, dit il avec un mince sourire
Il souleva la bande jaune et passa par-dessous, il avait accroché sa plaque de lieutenant à sa ceinture, il se pencha vers Yuna pour l'embrasser sur la joue mais elle s'écarta délibérément
-Alors ? Répéta t'elle
Il soupira, si il était vexé par l'attitude de Yuna il ne le montra pas
-L'hypothèse du petit ami a été écarté, nous l'avons relâché cette nuit...
-rien de surprenant !soupira t'elle
-Tu ne démords jamais, hein ?
-Thomas, je sais que c'est un démon !
-Il faut que je te dise autre chose...
Yuna croisa les bras sur sa poitrine :
-Katia s'est enfuie de l'hôpital...
-Comment tu...
-Laisse tomber, le coupa t'elle
-C'est une piste sérieuse...
Yuna leva les yeux au ciel.Elle était consciente d'être agressive ce matin mais elle ne pouvait s'en empêcher. Elle ne supportait pas sa proximité, pas après ce qui s'était passé la veille.Elle n'avait nullement prémédité de se comporter ainsi mais elle ne pouvait sans n'empêcher
-Katia n'est pas une sainte, Yuna
Lui aussi avait hausse le ton
-Oui merci je le sais mais au moins accorde lui le bénéfice du doute
Il enleva ses lunettes de soleil d'un geste rageur, de grosses cernes violacés entouraient ses yeux
- Des affiches vont être distribués, appels à témoins etc...
-Comment s'est elle échappée au fait ?
-Mystère...le policier chargeait de sa surveillance est sortit à peine deux minutes pour prendre un café, elle n'a pas ouvert la fenêtre .Elle s'est évaporé...
Il frotta ses yeux, il était épuisé. Yuna se mordit la lèvre, coupable de son mauvais caractère
-Evaporé ? Katia ne se transformerai pas en loup par hasard ?
-Quoi ? s'écria t'il
Yuna se tapota le menton et répondit pour elle-même
-Même si c'était le cas, impossible de passer inaperçue dans un hôpital en loup...
-Peux tu diable me dire de quoi il retourne ?
-Surtout un loup de cette taille, continua t'elle en l'ignorant. Bien que cela expliquerait bien des choses...
-La terre appelle Yuna !
Yuna se tourna vers son ami et lui sourit :
-J'ai été attaqué par un loup-garou ce matin...
Il se massa les tempes :
-Tu plaisantes ?
Elle lui jeta un regard noir
-Ok, ma question est idiote ! Admit-il
Yuna se mit à marcher lentement vers la voiture de son ami, il l'imita :
-Ce n'est pas la première fois que je vois un loup-garou...avec ma mère, nous en avons déjà tué un...mais pas ici
Thomas resta silencieux
-Je ne sais pas...j'éprouve des choses très bizarre. Je pense qu'un tas d'activités démoniaque se trament...

Thomas resta silencieux
-Je ne sais pas...j'éprouve des choses très bizarre. Je pense qu'un tas d'activités démoniaque se trament...
-Tu vas demander de l'aide à Ely ?
Elle le regarda comme si il était devenu fou, ils s'assirent sur le capot de la Seat
-Ta tante est un peu envahissante mais tu n'auras peut être pas le choix, ma chérie
Yuna secoua la tête : Tout mais pas ça
-Ce soir, je vais rencontrer d'autres sorcières...La prêtresse du coven est une de ses amies.J'espère qu'elle pourront m'aider au cas...
-Oui ? L'encouragea son ami
-Au cas où je ne serai pas en mesure d'affronter seule la menace...
-Je suis sur qu'elle t'aideront...
-Ils ou elles ne combattent pas forcément les démons...certains se choisissent d'autres voies, tu sais
Elle ponctua sa phrase d'une grimace
-Mais toi...
-Moi je suis les deux pieds dedans !
Ils rirent de bon c½ur
-Yuna...Tu penses que ce loup est le meurtrier de Chloé ?
-Triste à dire mais je ne pense pas...du moins, j'ai un gros doute !
Thomas remit ses lunettes de soleil, il ne quittait du regard un point devant lui
-Ce n'est pas leur mode d'attaque...pourquoi voler des organes ? Non, ça ne leur ressemble pas mais je n'ai pas de meilleures hypothèses pour le moment
-Qui est cet idiot ?
-Pardon ?
Yuna regarda dans la même direction que son ami, Allan s'évertuait à lui faire de grands signes
-Oh...c'est euh, un copain
-Ton petit copain ?
Une légère pointe de jalousie perça dans sa voix
-Un copain, rectifia Yuna derechef. Mais au fait, je suis passé chez toi ce matin pour te parler et tu n'y était pas...
-Non puisque j'étais ici...
Elle leva les yeux au ciel :
-Marie est partie chez sa mère, elle va t'appeler...
Puis elle se tourna vers Allan :
-J'arrive !
Thomas toisa longuement le jeune homme qui se trouvait de l'autre côté du trottoir. Il plissa le front et sursauta :
-Tu as vu Marie ?
-Je suis allée chez toi...
-Oh...dommage, je n'y étais pas...
Yuna rie :
-Oui puisque tu étais ici...
Il avait l'air de ne pas comprendre ses paroles, il plissa les yeux...Etait il souffrant ?
-On dîne ensemble ce soir ?
-Je rêve ! Ta copine est partie il y a une heure...
Il soupira, las
-Je veux juste te parler, tête de n½ud !
Yuna inclina la tête, curieuse :
-Et de quoi ?
Thomas se leva et caressa la joue de son amie avant d'y déposer un baiser
-Tu verras bien...
Il jeta un coup d'½il vers Allan :
-Et...sois prudente
La jeune sorcière leva les yeux au ciel et traversa la rue pour y retrouver son camarade
-Bonjour ma chérie !
Yuna fut surprise de l'audace d'Allan d'habitude si timide
-Salut
-C'est horrible ce qui est arrivé à Chloé, n'est ce pas ?
-Oui, c'est même plus qu'horrible
Allan s'assit sur son scooter flambant neuf
-Tu étais très proche de sa s½ur, non ?
-Oui, enfin Lorena et moi l'avons connu au collège et on est devenue amies. On était toujours toutes les trois
Yuna se mordit la lèvre, la seule différence était qu'au contraire de Lorena, Beth ignorait qu'elle était une sorcière
-A ce qu'il parait, reprit Allan ; Chloé se sentait poursuivit depuis quelques temps...
La jeune femme sursauta et Leva la tête vers son ami
-Ah bon ? Comment sais tu cela ?
Il haussa les épaules :
-Ben, ma mère est allée lui rendre visite, elle s'est un peu confiée à elle... Elle lui a même dit que Chloé s'était fait poursuivre dans la foret il y a deux semaines et depuis, elle n'avait plus le droit de sortir seule. Son mec, Dimitri devait veiller sur elle...après le coup qu'il lui a fait, la plantant dans le parc au beau milieu de la nuit. Ses parents ne peuvent plus le voir...
-Depuis deux semaines...murmura Yuna, pensive
-Ton mec est jaloux, hein ?
-Qu... Quoi ? , Bégaya Yuna
Il désigna Thomas du menton. Yuna se retourna et toisa son ami du regard, il eu un sourire moqueur et quitta le capot de la voiture sur lequel il était installé pour grimper à l'intérieur et démarrer
-Ce n'est pas mon petit ami...
Un sourire illumina le visage d'Allan, Yuna se maudit intérieurement de lui avoir fait croire que quelque chose pouvait se passer entre eux
-Bon, A bientôt Allan...
Un silence gênant s'installa. Elle tourna les talons lorsque le jeune homme sortit de son mutisme :
-Attends, je vais te déposer...
Il désigna son scooter de la main
-Mademoiselle, votre carrosse est avancé...
Il sortit un deuxième casque du coffre et lui posa sur la tête avec délicatesse
-Même comme ça tu es superbe...
Yuna émit un gémissement gêné et monta derrière Allan :
-Je vais à la mairie...
-C'est partit...
Yuna s'agrippa à la taille d'Allan, elle détestait la proximité qu'il y avait entre eux en cet instant, sachant qu'il se méprenait totalement mais elle ne pouvait pas se montrer trop méchante, de plus si elle n'avait pas accepté son offre, elle aurait sûrement était en retard à la répétition. Au loin, elle aperçut des sirènes de police près de la maison de Katia
C'était loin d'être fini...

L’avion avait décollé depuis une heure, la fatigue se faisait ressentir mais Katia ne s’autorisa pas à somnoler, elle se pencha vers le hublot, elle ne perçut que les nuages cotonneux qui entouraient l’avion de part en part, elle avait décidé de fuir sans savoir ce qui l’attendait...elle n’avait que pour consolation le journal intime de Beth, serait ce suffisant pour se laisser guider ?
Arriverait elle a retrouver les seules personnes susceptible de l’aider ?
Elle soupira, une petite voix dans sa tête lui avait suggéré de parler à Yuna Menor, elle était spéciale selon Beth...
Katia se souvenait des visites de Yuna lorsqu’elle était en prison, elle lui apportait toujours quelque chose, elle l’écoutait et semblait la comprendre...elle semblait la croire. Elle était si gentille...mais elle était avec les Roz, inutile donc de courir le risque de se faire prendre par la police
Elle écouta les battements de son c½ur...
Cela valait il la peine de laisser tuer d’autres innocents ?
Ses mains tremblaient, elle jeta un regard nerveux autour d’elle, un homme ne cessait de l’observer. Etait elle paranoïaque ?


Allan se gara au bord du trottoir devant la façade jaune et parsemée de fleurs de la mairie devant laquelle trônait une statue de Constantine, entourée d’enfants se nichant dans ses jupons
Il aida Yuna à descendre du scooter
-Tu as vu ? Les flics étaient chez la meurtrière !
La sorcière se raidit :
-Katia n’est pas une meurtrière ! Siffla t’elle
Son ton était un poil trop menaçant mais elle ne le regretta pas. Allan fit un pas en arrière et leva les mains
-Ok, ok...Ne t’énerve pas !
Yuna s’adoucit, elle réunit ses affaires et mit son sac en bandoulière
-Désolée mais je trouve un peu facile de la critiquer après ce qu’elle a vécue...surtout sans preuve !
-Oui, tu as sans doute raison...
Un chat noir passa à toute vitesse entre les jambes de Yuna faisant trébucher celle-ci, Allan la rattrapa de justesse
-Merci, bredouilla t’elle
Allan se baissa pour ramasser un livre qu’il tendit à Yuna
-Tiens, ton bouquin...
La jeune femme examina le livre et frissonna, elle sentit une douleur paralyser son visage :


« Elle se retourna et ne voyant rien dans l’obscurité, elle appuya sur l’interrupteur. Un chat noir se mit à miauler au milieu de l’allée. Elle se trouvait dans la bibliothèque. Le chat se lécha la patte en la regardant
-Salut, toi ! Dit Yuna en se baissant pour le prendre dans ses bras. Comment es tu rentré, dis moi ?
Yuna ramassa le livre que le chat avait fait tombé, celui-ci s’échappa de son étreinte « Légendes de sorcières »
-On peut dire que tu as du flair ! »

Allan la secoua sèchement
-Yuna ?
Elle se massa les tempes en revenant à elle, elle jeta un coup d’½il à la couverture du livre puis fixa son interlocuteur, il resserra son étreinte sur l’épaule de la jeune femme
-Oui ?
Il semblait éberlué
-Qu’est ce qui t’arrive ?
Une légère brise fouetta le visage de Yuna
-Rien, une petite migraine...C’est tout !
Elle se dégagea en douceur
-Je dois y aller maintenant... A plus et merci de m’avoir déposé
Elle entra dans la mairie sans quitter le livre des yeux, confuse
De l’autre côté du trottoir, la beauté pâle qui l’observait remit ses lunettes de soleil en souriant

« Cher journal,
Je ne crois pas au hasard, il n’y a jamais de coïncidence...Je pense que tout est liée, que notre destin est écrit...
Mais je sais que rien n’est immuable, tout peut changer...Si une seule de nos décisions change tout notre présent peut se transformer et notre destin se modifier
Ici, assise dans le petit couloir de la mairie à attendre Richard, je pense à toutes les décisions que j’ai pu prendre par le passé et à mes choix qui auraient pu être plus judicieux...
Est-ce que Katia serait innocentée si j’avais su l’aider ?
Est-ce que Chloé serait en vie ?
Qu’ai-je fait pour mériter qu’une vague diabolique s’étende ainsi sur la ville...Après la vague de zombie d’il y a un mois, maintenant les loups garous !
Les zombies, je gère mais vaincre un ou des loups garous seule ...ça va être coton !
Je ne suis... oh, Voila Richard qui arrive.
Sois bénis ! »

« Je suis seule, très seule, trop seule ou pas assez ? »

Yuna se leva en entendant la voix de son professeur de musique et chef d'orchestre de l'harmonie parler à la réceptionniste, il entra dans le couloir, les épaules voûtés
Il sursauta en apercevant sa jeune élève et son rictus douloureux se transforma en un mince sourire
-Bonjour Richard
Il tapota l'épaule de la jeune femme et fouilla maladroitement dans ses poches pour trouver la clé de la salle de musique
-Tu n'aurais pas du venir, Yuna
Etait ce une affirmation lui faisant comprendre qu'elle était de trop, Yuna sourit en constatant qu'il s'agissait plutôt d'une pointe de tristesse pour lui signifiait qu'elle n'aurait jamais du perdre son temps avec lui
-La fête est momentanément annulé, reprit-il
La sorcière le suivit dans l'immense salle aux murs beige, posa ses affaires dans un coin de la pièce et alla serrer le vieil homme dans ses bras
-Je sais mais je me suis dit que tu aurais besoin de parler ...
-Tu es gentille, répondit il en éclatant en sanglots
Richard Lepère était le professeur de chant d'Ornella, sa mère. Il était comme un père pour celle-ci, un ami très proche qui l'avait suivi à l'opéra de Milan, à Londres et même New York
Si il ne savait pas clairement que Les Menor étaient des sorcières, il en avait probablement une vague idée mais n'avait jamais posé de questions...Il était comme La famille Roz, aimant Ornella et Yuna pour elle-même sans les craindre
Le professeur et musicien talentueux qu'il était, avait connu bien des déboires cependant. Sa femme Judith et lui, avait eu une fille Anne. Elle a disparu le jour de ses seize ans en revenant d'une soirée arrosé chez des amis et après cela, il ne fut plus jamais le même. Ornella fit son possible mais n'avait jamais trouvé quoique ce soit de surnaturel dans cette histoire... Jamais Anne n'a été retrouvé et Judith est morte de chagrin, quatre mois plus tard...
Un jour alors qu'il errait dans le parc municipal, son regard se posa sur une petite fille aux cheveux blonds et aux yeux rieurs qui ressemblait à s'y méprendre à sa petite Anne
La petite fille de quatre ans s'était approché de lui et lui avait dit :
-Arrête de pleurer, c'est pas grave !
Et elle avait éclaté de rires
Cette petite fille, c'était Chloé et Richard la considérait comme sa petite fille
Il s'essuya ses yeux et murmura :
-C'est comme si j'avais perdu ma fille une seconde fois...
Yuna frotta le dos de son professeur pour le réconforter, elle ne savait pas vraiment quoi dire alors elle laissa les minutes passés jusqu'à ce que les sanglots cessent...puis le vieil homme reprit la parole :
-Tu ressembles de plus en plus à ta mère, murmura t'il avec un air attendrit ; Tu es si gentille et douce, toujours à l'écoute des gens...Même physiquement...
-Ca, je ne peux pas te dire ! répondit elle avec un sourire
Yuna baissa les yeux, un peu mélancolique. Elle n'avait pas connu son père, n'avait jamais vu une seule photographie...Elle n'en savait rien. Sa mère avait toujours refusé de dire quoi que ce soit à ce sujet...elle avait beau hurler et supplier, elle n'avait jamais rien apprit de plus et il lui restait une sensation de manque et de vie immense. Elle ne se trouvait pas vraiment de ressemblance physique avec sa mère...à part leurs cheveux bruns
Peut-être ressemblait elle à ce père qu'elle ne connaîtrait jamais ?
-Valérie Fontaine m'a demandé si...
Yuna sursauta lorsque Richard reprit la parole :
-Oui ?
-Elle aimerait que...
Il étouffa un sanglot en enfouissant son visage sous son bras, Yuna resserra la pression apaisante dans son dos
-Tu chantes pendant l'enterrement de Chloé...
La jeune femme blêmit, elle avait toujours déclin les demandes de ce type et n'avait fait aucune exception même pour sa mère.Pourtant elle ne pouvait refuser, c'était inconcevable...
-D'accord..., répondit elle très bas.
Après une autre minute de silence pesante, Richard reprit :
- Puisque le concert est reporté à dans deux semaines, veux tu que nous répétions la chanson qu'a choisit Valérie ?
Yuna approuva gravement un peu hésitante, trop émue...
Richard se leva et alla chercher une partition dans sa sacoche, les épaules voûtées : il regarda la partition un instant, toujours le dos tourné a son élève qui s'était posté près du piano.
-Tu la connais...murmura t'il
Sa voix avait changé encore plus grave et plus triste. Yuna s'approcha un peu tremblante t lui prit doucement la partition des mains. Elle lit :
-« Ebben ne andro lontana » de Catalini...
Elle se racla la gorge et commenta :
- Extrait de l'opéra « La Wally »...
-L'opéra qui a rendu ta mère célèbre, acquiesça Richard
Yuna sourit :
-Pas besoin de partition, je suis née en chantant cet air...
Richard eu un petit rire et s'installa au piano, il regarda Yuna...
-Commençons doucement pour t'échauffer la voix...
Elle opina et commença à chanter, sa voix douce et légère emplit la salle, résonnant dans l'espace et faisant doucement vibrer les vitres. Lui jouait et elle chantait, yeux fermés. Trop emplit d'émotions...

"Ebben? Ne andrò lontana,
Come va l'eco della pia campana...
Là, fra la neve bianca !
Là, fra le nubi d'or !
Laddove la speranza, la speranza,
È rimpianto, è rimpianto, è dolor !
O della madre mia casa gioconda,
La Wally ne andrà da te, da te lontana assai,
E forse a te, e forse a te non farà mai più ritorno,
Ne più la rivedrai !
Mai più... mai più ...
Ne andrò sola e lontana
Come l'eco della pia campana,
Là, tra la neve bianca !
N'andrò, n'andrò sola e lontana...
E fra le nubi d'or ! "


Lorsque la répétition s’acheva, Yuna avait les yeux emplit de larmes, elle devait se préparer mentalement à chanter à l’enterrement de la pauvre Chloé dont elle n’aurait de cesse de traquer le meurtrier.
Aucun autre musicien de l’harmonie n’était venu excepté Michelle, la violoniste qui travaillait au café « Le château d’eau » ou Yuna allait souvent. Elle aussi était surtout passé pour consoler Richard, elle était restée un peu pour écouter Yuna puis était partit soulagée de savoir le chef d’orchestre avec de la compagnie. La jeune femme fit promettre à son professeur de l’apeller au besoin et le laissa seul, il en avait besoin
Yuna farfouilla dans son sac, contempla le livre à la couverture verdâtre et déglutit. Puis elle sortit le sachet de son déjeuner devenu bouillie après avoir été écrasé par le loup-garou et le jeta dans la poubelle du hall de la mairie
Lorsqu’elle sortit du bâtiment, il faisait moins chaud, quelques nuages gris obscurcissaient le ciel vers l’est, elle descendit les marches et traversa la rue en consultant sa montre. Lorena devrait l’attendre un peu...il était un peu plus de midi et il lui fallait dix bonnes minutes pour rejoindre le campus
Yuna passa devant la boulangerie et s’attarda devant la vitrine de la fleuriste, elle vit un joli bouquet de roses multicolores et songea à l’acheter pour sa mère puis elle s’attarda sur autre chose d’inhabituel à château-du-lac...
Une superbe Porsche cabriolet était garée devant la banque de l’autre côté du trottoir, elle était d’une couleur bleu acier, une très belle voiture. La jeune femme à son volant portait de grosses lunettes de soleil, même de loin, Yuna vit qu’elle était belle. Peut être d’origine latine même si sa peau paraissait un peu pâle pour cela, ses cheveux d’un brun chaud était coupés bien droit juste au dessus de ses épaules, elle ne cessait de remettre une mèche de cheveux derrière son oreille et jetait des coups d’½il impatient à son rétroviseur
Un gamin en skate s’arrêta près de Yuna, imité par son camarade
-Hé, on dirait une voiture de collection !
L’autre bomba le torse :
- C’est une Porsche 911 Cabriolet, un modèle de 1998...elle peut aller jusque 269 Kilomètres heures !
-Waouh ! S’extasia le gamin au skate. Tu crois que c’est une actrice ou un truc dans le genre ?
Yuna s’éloigna sans quitter la voiture des yeux et plus exactement son occupante qui c’était vrai, était sublime. La belle inconnue à la peau pâle lui jeta un regard par-dessus sa monture, lèvres pincées. La jeune sorcière frissonna et reprit son chemin en détournant le regard.
Elle était impatiente de découvrir pourquoi la police se trouvait chez Katia ce matin, peut être Lorena pourrait lui en apprendre plus...la distance lui parut plus courte que prévue...lorsqu’elle atteignit le campus, Lorena était allongée sur un plaid marron, elle portait une tunique blanche très ample et un short en jean et de jolies ballerines noire, ses cheveux se répandaient en cascade autour de son visage de mannequin, elle était plongée dans le journal du matin
-Salut ! , lança Yuna en jetant son sac à ses pieds
-Hello, répondit son amie avec un léger sourire. Comment ça...
Elle regarda son amie, bouche bée :
-Mon dieu, Yuna ! Tu as une mine affreuse !
-Super, merci !
Lorena se mit à rires doucement pendant que Yuna se mit à genoux sur le plaid, elle attrapa le journal et lut la une qui évidemment mettait en avant le meurtre de Chloé et lui consacrait trois pages. Dont une ou était imprimé une grande photo de Chloé, souriante...heureuse
- C’est horrible ! Murmura Lorena ; Si Beth était là...jamais elle ne s’en serrait remise
Yuna acquiesça :
-Ce matin, Allan m’a confié un détail troublant....
-Tu as vu ton chéri ? s’exclama la jeune femme les yeux brillants
Yuna l’ignora :
- Elle avait l’impression d’être suivit depuis quelques temps, enfin je suis sure qu’elle était suivit et que ce n’était pas seulement une impression
-Et par qui selon toi ?
- Je l’ignore...
Yuna lâcha le journal qui tomba platement sur le plaid, Lorena se redressa sur un coude
-Katia s’est échappée...super pratique, la pauvre...Tout va l’accuser une fois de plus
La jeune sorcière écarquilla les yeux :
-Tu crois qu’elle est innocente ?
-Oui, bien sur...
Yuna serra son amie dans ses bras, cette dernière éclata de rires
-Je t’aime. Tu es formidable !
-Oui oui je sais...seulement maintenant il va falloir faire le maximum pour trouver le vrai coupable et l’innocenter, pas vrai ?
-Oui, répondit Yuna en s’écartant. Le ou les coupables...
Lorena s’assit en tailleur et plissa le front :
- Tu crois que le type ou la chose qui a tué Chloé est le même truc qui a enlevé Beth le soir ou j’ai eu mon accident ?
-Et qui a provoqué notre accident ?...je ne sais pas, je n’y avait pas pensé
Lorena serra la main de son amie :
-On déjeune ?
Lorena ouvrit une boite en plastique contenant du taboulé de poulet.Yuna fit la grimace :
-Tu devras manger seule...mon déjeuner est dans une poubelle à l’heure qu’il est...
- Pourquoi ? S’étonna t’elle
-Parce qu’un loup-garou l’a piétiné...
Lorena lâcha sa boite de plastique dont le contenu se renversa un peu sur le plaid
-Quoi ? S’étrangla t’elle ; Tu plaisantes ?
Yuna sourit : Exactement la même réaction que son frère. Elle sortit de son sac une paire d’écouteurs qu’elle balança devant son amie
-A propos...voici ce qu’il reste du cadeau de noël que tu m’as offert...
Lorena s’étrangla de nouveau, elle saisit les écouteurs et poussa un cri qui attira les regards d’étudiants assis un peu plus loin. Yuna ne put s’empêcher de sourire
-Je vais l’étriper ce machin !
- Je te le déconseille...
-Tu es sure que...enfin, tu penses que...et il faut...Mon dieu !
-Et oui ! Commenta la sorcière amusée
Yuna lui confia avoir vu la police chez Katia, Lorena tenta de l’apaiser en lui confirmant que Thomas les aurait appelés si cela aurait été très important
-Je vais aller t’acheter des frites, dit Lorena en fouillant dans son sac
-Non, ce n’est pas la peine...
Lorena brandit un billet de cinq euros, triomphante :
-T’inquiète. La friterie est à cinq minutes. Toi, tu restes ici et tu te reposes, je reviens
Sur ce, elle s’éloigna avec la grâce d’un mannequin, un garçon assis au pied d’un arbre avec sa petite amie la regarda passer avec envie, son amie lui administra un violent coup de coude dans les côtes, Yuna eu mal pour lui
Puis soudain, son regard fut attiré par une autre naïade. Une belle et grande brune entra dans son champ de vision, elle devait mesurer environ 1m70, la silhouette très fine et la peau de porcelaine, un peu comme la jeune fille qui se trouvait dans la porsche. Elle portait une longue natte d’ébène dans son dos qui flottait jusqu’à sa taille, de belles pommettes légèrement rosées et des lèvres rouge cerise, elle regardait droit devant elle en évitant avec grâce les branches d’arbres et les étudiants et autres visiteurs déjeunant massés dans l’herbe. Elle portait une robe de coton noire qui descendait jusque ses cuisses et de simples ballerines couleur chair qui lui donnait l’impression de se déplacer pieds nus
Soudain, leurs regards se croisèrent. Les yeux de Yuna croisèrent des yeux d’un ébène profond presque intimidant, elle sentit un frisson parcourir son échine puis se ressaisit, elle dévisageait la brune de façon fort impolie, elle s’empourpra alors et détourna brusquement les yeux, elle scruta le plaid jusqu’à se fondre dedans
Un moteur vrombissant la fit sursauter, elle ouvrit la bouche de surprise en découvrant la Porsche qu’elle avait aperçu plus tôt dans la matinée. Elle se gara le long de la chaussée et l’inconnue ouvrit la portière en riant, elle attirait à nouveau tous les regards...
La jeune femme jeta son sac sur les sièges puis jeta un long regard en direction de Yuna, la sorcière eu l’impression que la brune ne regardait qu’elle, d’un regard particulièrement hypnotisant...La jeune femme se sentit brusquement mal à l’aise.Sa tête se mit à tourner puis les ténèbres l'envelloppèrent
-Yuna, tu te réveilles ?

L'intéressée battit des paupières en découvrant Lorena, à genoux devant elle :
-Quoi ?
-Ca va refroidir ! Insista cette dernière
Elle lui tendait un cornet de frites dans lequel était plongée une grosse fourchette en plastique et une tonne de mayonnaise ce qui eu le don de lui donner la nausée, elle attrapa une frite de mauvaise grâce et la mâcha sans envie
-Tu as vu cette fille ?et la voiture ?
La Porsche avait disparue le temps que Yuna reprenne ses esprits, elle désigna l'endroit ou celle-ci était garée du menton
Lorena se retourna, hébétée :
-Quelle fille ? Quelle voiture ?...Il n'y a rien là bas
-Je sais, banane ! Ils sont partis maintenant...
-Peut être qu'ils ont été enlevés par les extraterrestres...
Yuna jeta une frite à son amie et elles se mirent à chahuter :
-Ce que tu peux être bête !
-Alors...c'est qui cette fille ?
-Brune, peau pâle, grande et fine, très jolie...
-Un fantôme ? S'esclaffa Lorena
-Très drôle, railla Yuna en souriant
Lorena retrouva son sérieux :
-Je vois de qui tu parles...Elle est nouvelle, elle a une longue tresse genre Lara Croft ?
La comparaison fit sourire Yuna :
-Oui...
-Alors c'est Constance, je crois...oui elle est « mignonne »
Yuna sourit à nouveau, Lorena supportait mal la concurrence. Si cette dernière était très belle, la fameuse Constance était sublime, magnifique
-Ils n'habitent pas ici depuis longtemps...
- « Ils » ?
-Oui, elle a un mec hyper canon. Brad Pitt, c'est du pipi de chat à côté...
Yuna rit, Lorena avait retrouvé le sourire, elle dégagea une mèche de cheveux qui tombait dans son taboulé. Son amie gaspillait ses frites trop grasses
-Ou vivent ils ?
Lorena désigna la route avec sa fourchette :
- A la sortie de la ville, je crois dans la maison où vivait Madame George, l'avocate...
Yuna s'étrangla :
-C'est plus qu'une « maison » Lorena, c'est un manoir...
Elle haussa les épaules
-Peu importe, il faut être pété de thunes pour vivre là-bas
Yuna hocha la tête, pensive puis elle jeta ses frites aux pigeons qui se trouvaient dans la pelouse.
-Tu as vu la robe que je devais porter pour la fête ? demanda Lorena désireuse de distraire son amie
-Non...comment est elle ?
Lorena sortit une superbe robe couleur or de son sac, et se mit debout en la tenant devant elle, elle se mit a danser en riant
-Superbe, non ?
Yuna admira les détails, le ruban saphir sur les manches bouffantes et la dentelle sur le col
-Comment s'est passée la première répétition avec ta tenue ?
-Horrible ! C'est très dur de marcher avec ça...
Yuna et Lorena se mirent à rirent puis La sorcière reprit son sérieux :
-Je pense que l'harmonie va modifier son répertoire pour la fête vu les circonstances...
-Les enfants de l'école primaire qui jouent avec nous étaient déçus mais cela va aussi nous permettre de répéter des scènes qui avaient été écartés au départ...
Lorena jeta un coup d'½il à sa montre
-Mince ! Il est presque 13 h 30...
Elle se hâta de ranger sa robe. Yuna se leva de mauvaise grâce, le temps avait passé si vite! Elle aida son amie à ranger le plaid et ramassa son sac, le livre à la couverture de cuir verte tomba sur le sol, Lorena se baissa pour le ramasser puis poussa un cri et porta sa main à se s lèvres
-Qu'est ce qui se passe ? Demain Yuna en riant
-Ce livre m'a envoyé une décharge électrique !
Yuna rit, Lorena lui donna une tape sur le bras
-Te fiche pas de moi !
La jeune femme ramassa le livre et l'agita sous le nez de son amie
-Tu vois, il n'est pas méchant...
Elle le tendit à Lorena, celle-ci avança ses doigts lentement en hésitant et reçu une décharge si forte qu'elle tomba sur le sol. Cette fois, Yuna ne riait plus, elle saisit son amie par la main pour l'aider à se redresser
-Ca va ? S'inquiéta t'elle
-Je...euh, je crois ! Balbutia t'elle, hésitante
Yuna prit le livre entre ses doigts et le feuilleta rapidement :
- D'où viens tu ?
Lorena remit ses cheveux en place
-Il est magique ?
-Ou il est maudit...si tu savais comment je me le suis procuré...
-Justement, je ne veux pas le savoir...
Lorena rit nerveusement, puis suivit du regard son amie qui se dirigea vers une poubelle, elle y jeta le livre sans hésitation
-Mais...
-Ne t'inquiète pas...ce livre ne me dit rien qui vaille, mais je pense que si il est important il reviendra à moi
-Comment ?
Lorena fronça les sourcils, Yuna écarta les mèches de cheveux qui se collaient à son visage.Le vent était un peu plus fort
-Tu verras...
-On se voit quand ? demanda Lorena. On devrait aller acheter quelque chose de joli pour Chloé
Yuna regarda ses pieds, ennuyé :
-Pas aujourd'hui, je rejoins le coven de Ashley à 16h00 au mont d'or et ce soir...
Yuna hésita, devait elle parler de l'invitation de Thomas ?
-Ce soir...je suis prise, acheva t'elle
Lorena soupira, déçue :
-Bon, je sortirais avec Cindy et Eve, il parait qu'il y a un super film au ciné...
Yuna fit la grimace, elle ne supportait pas les amies snob de Lorena qui le lui rendait bien, elle la prenait pour une folle victime d'une secte probablement ou quelque chose de ce style...En tout cas, elle ne comprenait pas comment une fille aussi géniale que Lorena pouvait être l'amie d'une dingue comme elle, cette dernière pensée la fit sourire.
-Je te laisse, murmura t'elle en embrassant son amie sur la joue
-On se téléphone ! s'écria Lorena en rejoignant le campus
En se dirigeant vers le passage piéton, Yuna soupira en découvrant que le livre ne se trouvait plus dans la poubelle

«Je reprends la ou je m'étais arrêtée...
J'aimerais savoir pourquoi j'attire les ennuis...la réponse je la connais déjà, lorsque j'étais enfant ma grand –mère m'a confié s'être disputée avec ma mère à mon sujet, elle ne voulait que ma mère fasse de moi une sorcière car selon ma grand-mère toujours ; la magie attire la magie, les sorcières attire les démons.Qui dit « démons » dit « ennuis » ou pire.. »Meurtre » par exemple. Parfois, je me demande pourquoi moi ? : Suis-je la seule sorcière des environs ? De ma petite ville, sans doute mais de la région sûrement pas !
Ma mère me disait que j'étais puissante, que j'avais un fabuleux destin et que j'étais apellée à faire de « grandes choses »
Ce qu'elles n'avaient pas prévus...c'est qu'elles m'abandonneraient si jeune et sans expérience, il y a encore tant de choses que j'ignore...Et si en ces moments difficiles, je ne peux compter sur Clarisse, sur qui puis je compter ?
Lorena et Thomas ? C'est trop dangereux....
Trouverais je un moyen de me faire pardonner auprès des gens qui ont perdu la vie et leur rendre justice ?
Je suis seule, très seule, trop seule ou pas assez ?
Et je me pose d'autres questions à propos du livre, de mes prémonitions bizarres et de mes sensations insistantes de déjà-vu...
Soit béni, mon confident
Yuna »

Constance Del Aguila entra chez elle, suivit de sa s½ur Dolores dite « Lola » et jeta son sac dans l'entrée, le grand hall était tapissé de jaune et de lambris de pin rouge, le sol d'un carrelage de mosaïques dans les tons crème, les meubles étaient couvert d'orchidée dans les tons blanc, jaunes et rose. Dolores, posa sa veste sur le grand porte manteau en chêne orné d'un miroir et y croisa son regard, le silence régnait dans la maison ; guère troublait par leurs pas.
Constance n'avait pas dit un mot dans la voiture, elle était partit vers la gauche du hall, dans leur grand salon à la décoration d'époque victorienne, la couleur dominante était le vieux rose...C'était ainsi que Constance avait voulu décorer le manoir, avec des couleurs et ambiances différentes dans chaque pièces.
Sa s½ur était assise dans le canapé de cuir blanc, Dolores soupira et s'assit devant elle, sur la table basse de verre
-Qui a-t-il ?
Constance resta de marbre, Dolores replaça une mèche brune derrière son oreille et plongea ses prunelles presque mauves dans celle de sa s½ur. Elle posa sa main sur celle, glacée de son aînée
- Constancia, ¿Qué sucede?
- Esta chica.... es una bruja
Dolores fronça les sourcils
-Quelle fille ? Celle du campus ?
-Son regard m'a semblé me transpercer comme de minuscules aiguilles, j'ai sentit mon c½ur s'assombrir et ...réveiller une douleur que j'ai trop connue jadis...
Dolores se leva, perplexe. Elle sentit bientôt une rage l'envahir.Si cette sorcière était LA sorcière, elle risquait de devenir sa première victime humaine...
-Calme toi, Lola.Nous ne sommes sûres de rien...Nous continuons de chercher, de la traquer...Nous trouverons qui se cache derrière cette apparence fragile, je te le promets...
Constance se trouva en une fraction de seconde derrière elle, elle passa sa main dans ses cheveux
- Si elle est la sorcière qui a tué Jimmy, je ne cesserai jamais de la pourchasser !
-Elle n'est pas cette sorcière !
Les deux jeunes femmes se tournèrent comme une seule personne vers le hall. Liam, leur frère venait d'entrer, il posa ses yeux sur le sol...comme d'habitude : Timide, sensible, Tourmenté et le regard fuyant
-Comment peux tu affirmer une telle chose ? demanda Constance
-Et bien, j'ai de nombreuses choses à vous raconter !

De longues secondes passèrent. Dolores fronça les sourcils, sceptique.Constance ne le quittait pas des yeux :
-Tu vas cracher ta pilule ? demanda finalement la jeune femme
-Cela fait plusieurs jours que je suis la sorcière...
Dolores tapa dans ses mains :
-Mais bien sur ! C’est là que tu étais...dans les jupons de la sorcière ! L’interrompit elle
Liam ignora son intrusion et marcha vers la fenêtre du salon :
- Elle n’a rien de terrible, enfin elle est probablement plutôt forte dans son genre mais elle a été attaquée par un loup-garou ce matin, je...
-Quoi ? S’ecria Dolores
Constance resta silencieuse, se mit a faire quelques pas tandis que Lola grondait de rage
-Si je n’avais pas été là, reprit Liam, je crois qu’elle n’aurait pas survécue
-Alors, ils sont là eux aussi..., murmura Constance
Dolores fulminait, elle ajouta d’une voix terriblement menaçante :
-On ne va pas les laisser faire n’est ce pas ? Constance, tu m’avais promis ! Tu m’en a autrefois fait la promesse.Te souviens tu ?
-Je préfère savoir ce qu’ils font ici avant de passer à l’attaque, et savoir combien ils sont...
Liam se retourna vers ses s½urs et consentit enfin à lever les yeux d’une teinte vert mousse, ceux de Lola oscillaient plutôt vers le grenat tandis que sa colère grandissait
-Le loup ou plutôt la louve que j’ai blessé était une femme, je ne l’ai jamais vu...J’ai essayé de retrouver sa trace en vain...
-Je la retrouvais, ajouta Lola
Elle leva le menton ,Constance posa la main sur son épaule:
-Tu ne feras rien tant que je ne te l’aurais pas ordonné...Toi et Victor, vous essaierez d’abord de savoir de quel clan elle fait partie avant de tenter quoi que ce soit...
Alors que Dolores ouvrait la bouche pour protester, Constance l’arrêta d’un geste :
-A moins qu’il s’agisse d’une louve isolée.C’est possible, non ?
Liam approuva d’un signe de tête
- Quel clan serait intéressée par ce qui se passe en ce moment ?interrogea Dolores plus calme
-Celui d’Andres et Nayeli, murmura Liam
-Montezuma, ajouta Constance, ou celui de Sibylle, Marvyn...
-Oui d’accord j’ai compris.Tous plus ou moins...
Elle se laissa tomber dans le canapé et enfouit son visage dans les coussins d’ornement.De grosses larmes pourpre laissèrent des sillons sur sa peau de porcelaine
-Lorsque j’ai enterrée Tyasa et Augusto, j’ai juré devant dieu que je retrouverais le sale chien qui leur a fait ça, grogna t’elle. De quel clan provient elle donc ? Je me souviens du croissant de lune tatouée sur sa nuque lorsqu’elle a tuée ceux que j’aimais...
Constance détourna le regard, gênée par la détresse de Lola, gênée par des souffrances qu’elle avait aussi connue, elle se leva et fit mine d’arranger un bouquet posé sur un guéridon près de la fenêtre :
-Bien, moi et Ambre allons garder un ½il sur la sorcière...au fait, Liam pourquoi cette louve s’en est elle prit à la fille ?
-Je l’ignore...
Dolores se leva et se posta devant son frère pleine de défis :
-En tout cas, grâce à toi ils ont une longueur d’avance les sacs à puce, puisque tu as laissé partir leur louve...ils savent qu’il y a au moins un vampire à château-du-lac
-Nous ne savons pas si elle a un clan, objecta t’il
-La ferme, Liam ! Va t’occuper de tes rosiers !
Elle quitta la pièce furieuse, Constance se leva et alla serrer affectueusement le bras de son frère, puis elle se hâta de rejoindre le hall, se posta en bas de l’escalier et apella sa jeune nièce :
-Ambre ? Ambre !!!!
-Je ne suis pas sourde ! s’exclama une petite voix. Qui a-t-il ?
Constance serra la rampe de l’escalier, enfonçant ses ongles dans le chêne mais tenta de conserver sa patience
-Descends vite !
-Je comptais sortir !geignit elle
-Ou ça ???
Ambre émit un soupir sonore
-Tu es trop jeune pour sortir seule sans que je sache où tu es jeune fille !objecta Constance
Un chat noir élégant sauta à ses pieds, se lécha la patte gauche et ajouta, sarcastique :
-Vivement que j’ai 150 ans, alors !


Yuna enregistra le document qu’elle venait de terminer et se tourna vers l’imprimante qui se mit à ronronner lentement, puis son bruit augmenta tandis que les feuilles commençaient à sortir. La jeune bibliothécaire jeta un coup d’½il gênée autour d’elle. L’infernal engin brisant le silence qui régnait dans la salle, une jeune fille lui jeta un regard noir en reprenant sa veste au porte manteau avant de sortir.
Yuna soupira en apercevant un groupe d’étudiant qui mâchonnait bruyamment des chips en tentant de cacher leur paquet sous leurs vêtements
-S’il vous plait, il est interdit de manger ici !
Deux d’entre eux pouffèrent de rires
-Excusez moi Mademoiselle
Yuna leva les yeux vers une jeune fille qui venait probablement d’entrer, elle avait un visage d’ange un peu comme celui de Clarisse bien qu’elle semblait plus réelle.
-Oui, bredouilla Yuna. En quoi, puis je t’aider ?
Ses yeux océan se posèrent sur Yuna et elle sourit, deux fossettes se creusant dans sa joue gauche :
-Je dois étudier Emile Zola mais je ne sais quel livre choisir...
-Ah, c’était donc pour ça que tout les jeunes se sont rués sur Zola cette semaine, c’est dans le programme scolaire
La jeune fille eu à nouveau cet adorable sourire et suivit Yuna dans les allées de la bibliothèque
La jeune sorcière en profita pour subtiliser le paquet de chips aux récalcitrant.
Yuna s’arrêta et posa son doigt sur la tranche d’un livre :
-Hum...il y a celui-ci : « La débâcle » si je ne m’abuse est proche du reportage militaire, c’est une lecture un peu violente pour quelqu’un de ton âge.C’est....assez sanglant
La jeune fille se saisit du livre :
-Ne vous inquiétez pas, j’ai eu es lectures plus brutes...
Yuna fronça les sourcils et alla récupérer les feuilles que l’imprimante avait crachées et qui jonchaient désormais le sol
Elle laissa la jeune fille parcourir les rayons, puis disparaître au fond de la bibliothèque.
Yuna se mit à plier les lettres de rappels des lecteurs pas pressé de rendre leurs ouvrages avant de les glisser dans des enveloppes lorsque la jeune fille réapparut, ses boucles d’or sautant sur ses épaules , elle tendit ses livres à Yuna.
-Quel est ton nom ?
-Ambre Winkler, Mademoiselle
Sa voix était aussi douce et mélodieuse que le gazouillis d’un oiseau. Yuna se leva et ouvrit le tiroir de l’armoire ou elle rangeait ses fiches et sortit la petite pochette cartonnée au nom de Winkler
Elle sentit une terrible douleur lui traverser le crâne puis lorsqu’elle ferma les yeux.Elle vit la jeune Ambre Winkler, seule, perdue.Dans ce qui semblait être une maison abandonnée, elle poussa une vieille porte de bois qui grinça bruyamment :
-Anya, pleurait elle, Apa !
Yuna revint à elle, les mains crispées sur la pochette
-Tout va bien, Mademoiselle ?
-Oui, oui je...
Yuna reprit place à son bureau et nota les livres qu’empruntait la jeune fille en tremblant
-Dites, Mademoiselle...vous y croyez à la magie ?
Yuna leva les yeux vers l’innocent visage
-Ma foi oui...je suis wiccane, alors...
-Oh !
Sa bouche forma un c½ur, elle semblait ravie
-Pourquoi ?
-Pardon ? répondit Ambre
-Pourquoi me poses tu cette question ?
Elle haussa les épaules en regardant derrière Yuna puis ramassa ses livres :
-Pour rien, Au revoir
Yuna la regarda partir puis lut la fiche d’inscription qui avait du être faite par Rachel, sa collègue puisqu’elle ne s’en souvenait pas.
« Winkler Ambre Greta
Née le 30 Avril 1996
12, Route du mont d’or
Château-du-lac »
-Route du mont d’or...
Yuna relut la dernière phrase, sourcils froncés puis se connecta à Internet, l’ordinateur de la bibliothèque était un peu lent.Elle ne cessa de se ressassée les images de sa vision.Enfin connectée, elle tapa « Château-du-lac, route du mont d’or » sur google mais toutes les réponses la renvoyait au site d’un hôtel. Elle se souvint enfin de ce dont Lorena lui avait parler et tapa « Street view » sur le moteur de recherche, quelques minutes plus tard elle pouvait visualiser la route du mont d’or
La jeune sorcière se pencha en avant :
-La maison de Madame Georges ! s’exclama t’elle
La jeune Ambre serrait elle parente avec la jolie brune qu’elle avait vue sur le campus. ?
-Hello !
Yuna sursauta en voyant un gros sac à dos s’abattre avec fracas sur le bureau devant elle. Rachelle jeta sa veste sur le porte-manteau qui manqua sa cible et tomba sur le sol et embrassa Yuna sur la joue. La sorcière s’essuya du revers de la main :
-Tu es toute collante, Rachelle !
Cette dernière éclata de rires et tira une chaise pour s’asseoir aux côtés de sa collègue. una aimait beaucoup Rachelle, elle était gentille, serviable et toujours positive et bien qu’elle ignorait beaucoup de choses sur Yuna, elles étaient devenues plutôt amies, elle déjeunait parfois ensemble et faisait du shopping de temps à autres
-Alors, tu as envoyé toutes les lettres ?
-Elles sont prêtes, marmonna Yuna
Rachelle passa un bras autour des épaules de Yuna. Cette dernière remarqua la beauté du regard de sa collègue, elle était franco-japonaise et avait les superbes yeux bleus de sa mère et le teint cuivré de son père et ses longs cils de jiais.Son métissage la rendait très belle, son visage lumineux était unique
-Tu as l’air chiffonnée !!!
Yuna haussa les épaules:
-C'est Allan qui te met dans cet état? A moins que ce soit le beau et ténébreux Thomas Roz
Yuna choisit de l'ignorer, elle etait bien trop préoccupée:
-C’est toi qui a inscrit une jeune fille prénommée Ambre Winkler ?
Rachelle parut toute excitée
-Ca fait déjà un bout de temps, elle était venue avec un type de sa famille, un beau blond aux yeux bleus gris, plutôt grand.Je dirais 1m90, très beau
-J’avais compris, sourit Yuna
Rachelle avait le regard rêveur, elle plongea sa main dans le paquet de chips qu’avait confisquée sa collègue
-S’il te plait Rachel, si tu veux manger va au moins dans la salle des archives, histoires de donner l’exemple
Elle leva les yeux au ciel et s’éloigna avec le paquet de chips, en la suivant des yeux Yuna remarqua que le livre était réapparue sur l’armoire derrière elle, frissonnante elle se leva pour s’en saisir.Elle se souvenue qu’Ambre Winkler avait fixé intensément un point derrière elle.
Le livre avait il attirée son attention ? Etait pour cela qu’elle avait posé à Yuna ces drôles de questions ?
Yuna reprit place à son bureau et ouvrit le livre, les pages étaient jaunis et la première page arborait une écriture fine.Elle lut :
« L’héritière trouvera le livre,
L’héritière le verra et comprendra
Les trois déesses détiennent le secret
L’héritière la vaincra
Des démons elle éloignera la formule sacrée
Des clans obscurs elle rencontrera
Avec des alliées elle pactisera
Sauver le monde est sa seule voie »
Elle feuilleta rapidement l’ouvrage qui avait une forte odeur de moisie, elle plissa le nez un peu éc½urée mais remarque un détail important et fascinant, le livre était entièrement écrit à la main, avec des écritures et dans des langues diverses.Une douleur violente la frappa aux tempes, la jeune sorcière ferma les yeux :
Une femme vraisemblablement vampire était agenouillée auprès du cadavre de Chloé, elle se releva et mit quelque chose dans un petit sac de velours, elle passa sa langue sur ses canines et regarda Yuna avec un air de défi. La vision s’attarda sur le visage de Chloé puis sur celui de Yuna qui semblait hypnotisé presque de marbre
Elle referma fébrilement le livre :
-J’étais là ! S’affola t’elle. J’étais là et je n’ai rien fait !
Elle se leva, fourra le livre dans son sac et enfila sa veste
-Que fais tu ? demanda Rachelle qui sortait de la salle des archives en ôtant les miettes de son T-shirt. Je croyais que tu partais vers 15h 30
-Je suis désolée, Rachelle mais j’ai une urgence.
Yuna embrassa sa collègue et sortit en trombe, elle n’avait plus une minute à perdre











# Posté le dimanche 01 novembre 2009 11:42